Idées de cadeaux de Noël : les Rhums les mieux notés par Cyrille Mald & Alexandre Vingtier

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Voici une sélection de rhums 4 étoiles, ou plutôt 4 chapeaux : la meilleure note de dégustation pour Rumporter. Alexandre Vingtier et Cyrille Mald vous proposent la crème de la crème des dégustations de l’année 2018.

A•1710 La Perle Rare – Rhum Blanc Bio B69-566 (canne bleue) – 52°

Nez : envoûtant et ample, sur la goyave, avec des notes minérales argileuses. Le second nez est d’une grande intensité : sur la truffe.

Bouche : suave et savoureuse sur le miel de citronnier et la poire Williams. Une pointe minérale s’intègre dans la trame générale : silice et sable mouillé. Elle renvoie aux apports terrestres contenus dans les eaux de ruissellement et que filtre la mangrove, plus bas, en aval.

Finale : épicée et minérale sur le poivre blanc et la silice, à nouveau, une pointe d’agrume pour tonifier le tout. La complexité et l’équilibre de l’ensemble impressionnent.

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Neisson Le Rhum Bio, Rhum Blanc Agricole – Limited Edition 52.5 %

Nez : la finesse et la complexité aromatique d’un grand cru. La fleur de manguier souligne la banane verte et le mangoustan d’une rare qualité glissant vers le végétal subtil ‘carciofino profumato’ des fermentations longues (ou pointe végétale d’artichaut à l’italienne d’une belle gourmandise). Les strates aromatiques n’en finissent plus de s’accumuler, oscillant entre le floral, le végétal et le fruité : c’est splendide.

Bouche : subtile et fusionnelle. La groseille blanche et le maracuja jaune mettent en relief des agrumes riches ou exotiques : main de Buddha, cédrat et citron-caviar. Ici tout confine à ce que la vivacité des agrumes fusionne avec les fleurs blanches, la boucle est bouclée.

Finale : fraîche et végétale, elle est d’une texture et d’une longueur remarquable. L’estragon confère une belle tonicité, rehaussée par la verveine odorante et l’aspérule. Une légère note métallique structure l’ensemble et électrise quelque peu la langue. La trame se fait horizontale, le végétal frais et la persistance impressionnante.

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Compagnie des Indes Hampden Estate Millésime 1992 24 ans – 59.8°

La première attaque sur les notes de banane mûre, de pâte de goyave et de massepain laissent place à une bouche fermière donnant presque l’impression d’un baijiu chinois puissant, presque fumé dans son premier mouvement (basse-cour) mais qui s’oriente vite vers le fruit (pomme-cannelle), la fraîcheur du menthol et les notes plus grasses de suie et de sous-bois (morille).

Des notes plus végétales (hysope) complètent ce profil expressif et somme toute inhabituel.

Habitation Velier Hampden Estate HLCF Millésime 2010 6 ans – 68.5°

Quelle puissance aromatique pour le premier des trois Hampden Habitation Velier ! Un profil aromatique complexe sur l’ananas mûr, le vernis d’une jolie bibliothèque qui laissent place, en bouche, à des notes médicinales (hôpital) et animales (sauce au jus de viande) et de fruits exotiques. La finale transporte l’ensemble sur la goyave séchée et le sucre muscovado : une vraie plongée en muck holes !

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Rivière du Mât 2003 Single Cask 2404, fût de chêne français de 400L – 46%

Nez : citron bergamote et orange amère, le tout se mêlant à une gourmande noix de pécan, au bois de rose et à une pointe de safran : quelle fraîcheur et surtout quelle entrée en matière !

Bouche : délicate et complexe, elle confirme en harmonie le nez avec une jolie présence fumée d’encens. L’élevage dynamique joue ici à plein et les notes de noisette et d’agrume s’égrènent l’une après l’autre évoquant le vernis d’une bibliothèque, les raisins secs et de figue séchée qu’allonge la fraîcheur de la mandarine.

Finale : vivifiante et perlée, elle commence sur la réglisse douce alliée à la fraîcheur de la menthe poivrée, se poursuit sur des nuances d’agrumes et de zestes macérés pour finir sur des épices chaudes. Quand la complexité aromatique s’allie à la fraîcheur des agrumes sous toutes leurs formes l’on obtient cette superbe expression qui exprime tout le savoir faire de Rivière du Mât.

Excellence Rhum Foursquare 10 ans 2007-2018 Pot Still + Colonne Single Cask #14, Barbade – 64.4%

16700 km ou 9000 miles nautiques, soit cent jours de traversée, nous séparent des étendues de sable blanc de la Barbade. Dans la vallée de St. Philip, Foursquare nous propose ce rhum de mélasse distinctement bajan qui offre une trame vernis qu’agrémentent des fruits secs imbibés de rhum et de jus goyave.

La papaye épicée et la prune lui donnent également une empreinte fruitée. La suite est aussi agréable que complexe : cuir, citron jaune et ananas rôti saupoudré de cannelle. La légère amertume ressentie en début de bouche devient végétale et florale (géranium), la finale de ce rhum devenant originale (encens, cerise) et médicinale.

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HSE 2007/2018 Brut de Fût de chêne américain, Rhum Extra Vieux CS 51.2°

Une entrée en matière absolument incroyable, sur le sésame et la fraise. Mais attention, il s’agit d’un rhum de patience qui ne s’offre pas tout de suite. Il a besoin d’une longue ouverture et de plusieurs semaines de repos ; mais une fois ce temps de latence observé, ce rhum n’en finit plus d’offrir ses qualités.

En bouche la symphonie continue : vernis, bourgeon de sapin : l’élevage dynamique joue ici à plein et les notes de noisette de seigle et de beurre de karité s’égrènent, bougeant les lignes… toujours mouvantes avant le retour des fruits et des céréales : fraise, grenade, et un couple aromatique seigle-sésame intense, presque historique.

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HSE 2007/2018 Brut de Fût de chêne français, Rhum Extra Vieux CS 50.8°

Attention, voilà en approche la deuxième bombe aromatique du moment et elle n’a pas fini de fragmenter vos moments de dégustation en instants de plaisir. Mais très vite le constat est là : si l’intensité aromatique est déflagrante, la partition est complexe, elle se joue sur de multiples lignes, avec une précision que l’on pense impossible : le moka et la bergamote s’allient au cassis et à la mûroise, donnant l’impression de se retrouver dans le chai du domaine, sa façade rythmée par les 28 arcs cintrés qui en assurent la ventilation : la chaleur du jour et la fraîcheur de la brise de terre la nuit.

A l’arrière-scène l’on découvre également le fruité subtil du raisin rouge, de la gelée de coing que contrebalance un fruité gras et luxuriant. Puis le bois de santal, le cassis et l’açaï reprennent définitivement le dessus : un voyage en terre de plaisir ponctué en finale par la mûre qui complète, avec la même séduction, ce profil d’exception tant par son intensité, sa complexité, que sa longueur.

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SMWS (Scotch Malt Whisky Society)R7.1 Welcome to Jamrock 16 ans – 54°

Seuls 214 flacons de cette bombe aromatique dont la déflagration n’a pas fini de hanter les paradis du fruit. Sans doute l’un des deux plus grands Hampden de ce banc d’essai avec le Velier HLCF mais sur deux tensions aromatiques foncièrement différentes : là où le premier se fait animal, le second se fait fruité.

D’une absolue complexité, il fait apparaître tour à tour la figue noire, le zeste d’orange amère et la mangue mûre, soulignée d’huile essentielle de citron. La fin de bouche huileuse ajoute encore en profondeur que ponctue une finale opulente sur la cannelle, la réglisse rouge et la goyave séchée. A Jamrock (en Jamaïque) all fruits ripe (tous les fruits sont mûrs/tout est bien), bad like yas & bashy (tout est mal, cool & torride à la fois) !

Pour décoder les étiquettes de la SMWS : R = Rhum, 7 = 7e distillerie au nom volontairement omis soit Hampden et .1 = 1er fût… le Hampden suivant est le 7.2, puis le 7.3, etc.

 


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