Rayler Navarro, « Maitre » de La Bodeguita nous dévoile la recette du vrai mojito !

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La recherche du Mojito parfait a dû être une quête poursuivie par un certain nombre d’enthousiastes ! Certains ont dû abandonner à mi-chemin, d’autres se contenter dès les premiers efforts du résultat obtenu ! Voici les conseils d’un maître rencontré à Paris dans le cadre de la Plaza Havana Club.

Mojito
Reconstitution de la Bodeguita à Paris dans le cadre de la Plaza Havana Club

Le Mojito est certainement devenu en un temps record, poussé par les chaleurs estivales et des célébrités internationales -coucou Papa-, un cocktail incontournable. Cette star est bue par des dizaines de millions de personnes dans le monde. Toutefois il est difficile, lorsqu’on dispose d’un palais affuté et d’une exigence sans faille, de se satisfaire des « résultats » disponibles dans le commerce. La faute à des recettes bien trop éloignées de l’originale -sans l’améliorer-, la faute à un respect peu marqué pour la réalisation du cocktail.

Let’s get back in Time and Space

Le Mojito poursuit un but, le rafraîchissement avec raffinement. Pourtant quand on se balade sur la toile ou quand on interroge les barmen des cafés servant des mojitos, on retrouve 1 recette par personne ou site web, et il est rarement question de raffinement; à peine de rafraîchissement… Où nous sommes-nous donc plantés ? Pourquoi s’être éloigné si loin de l’esprit original du Mojito et surtout, comment y retourner !

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La quête de l’histoire originelle est aux mains des historiens du cocktail. Laissons donc parler ceux qui s’affairent à recréer l’esprit de la havane au quotidien.

Pour cet article, Rayler Navarro, « Maitre » de La Bodeguita, le second -ou premier ? ou ex-aequo ?- bar préféré d’Ernest Hemingway, va nous donner son histoire du Mojito ainsi que la recette qui rendit ce cocktail si populaire et si imité.

Voici donc la parole du Maitre :
« Sur internet il y a beaucoup d’histoire mais avec des erreurs, je vais te raconter ici celle que je pense être la plus authentique. Au milieu du 19ème, les cocktails à Cuba commencent à se populariser. On dit que le Mojito est créé dans un endroit appelé Club Casa La Concha par un barman dont on ne connaît pas le nom.

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A partir de là Angel Martinez, proprio de La Bodeguita del Medio – là où Hemingway l’immortalise en disant : » mon Mojito à la Bodeguita et mon Daiquiri à la Floridita » se l’approprie. Le truc c’est que ça devient populaire à La Bodeguita. L’histoire raconte que le 1er nom d’un cocktail très similaire au Drake (ou Draquesito) a été donné par un corsaire appelé Francis Drake. Il donnait à ses marins un mélange de mêlasse de sucre avec de la menthe et de l’eau vive (comprendre alcool fort). C’est plus ou moins ce qu’on sait du Mojito. »

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Recette du vrai Mojito

Notre recette là voilà :

1. Une cuillère de sucre blanc (environ 2/3 d’une cuillère à soupe, de sucre blanc). Il faut ajuster en fonction de l’acidité du citron. Aller jusqu’à 1 cuillère à soupe complète.

2. Le jus d’un citron (et non de citron vert) qui doit recouvrir le sucre

3. Ajouter de la hierba buena, une variété de menthe que l’on trouve à cuba, qui est plus douce que celle qu’on trouve en France.

4. Presser doucement à l’aide d’un pilon sans hacher les feuilles ni trop les extraire.

5. Versez 40 à 45ml de Rhum cubain Havana club 3 anos.

6. Ajouter de la glace et de l’eau gazeuse glacée.

Et là on obtient l’original de la Bodeguita. On ne met pas d’Angostura et on décore avec une feuille de hierba buena. »

Commentaires :
Ce qui fait également la beauté de ce cocktail, c’est la difficulté de reproduire le résultat original sur le vieux continent. Si on endosse le costume de l’ayatollah, la variété de menthe à utiliser sera un réel frein. Sans hierba buena, comment obtenir le résultat escompté ?
Cela ne doit cependant pas vous empêcher de vous délecter d’un « old-world » Mojito ! Utilisez donc la menthe que l’on trouve très facilement, évitez la menthe poivrée bien sûr ! Une règle simple et malheureusement pas toujours respectée, on laisse sa bouteille d’agricole blanc ou ambré au placard.

Le cocktail se trouve le plus souvent déséquilibré au contact du jus antillais, trop aromatique pour laisser place aux autres ingrédients. De même, votre Havana 7 ans ou votre Selection de Maestro -Maximo pour les plus fortunés- ne fera pas bon ménage dans ce cocktail populaire et rafraîchissant. On souhaite un cocktail gazeux et rafraîchissant, rajoutez donc 6 bons centilitres de Perrier, suffisamment gazeuse pour tenir la dragée haute au rhum et à la fonte de la glace ! Bonne dégustation !

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