Covid-19 : les distilleries de rhum face à la maladie

(Article mis à jour le 7 mai 2020)

Le monde du rhum s’est très tôt mobilisé pour combattre, une épidémie de covid 19 devenue mondiale. Les producteurs ont mobilisé leur appareil de production pour fournir de l’alcool (éthanol à plus de 96°), nécessaire (avec la glycérine et l’eau oxygénée) à la fabrication de de gel et solution hydroalcoolique.

Dès fin février début mars des distilleries lancent le mouvement à Taïwan et en Corée, puis l’Europe et la France se mettent en branle. Rumporter a pris sa part en lançant son appel de mobilisation générale des distilleries, et en mettant en contact les uns avec les autres, et fait remonter des informations. Puis tout s’est mis en place, les producteurs de rhums des DOM prenant toute leur place dans ce combat, sans oublier les grands groupes comme Pernod-Ricard.

Mieux, les oppositions anciennes sont tombées en quelques jours. L’alcool, que les autorités sanitaires vouaient aux gémonies pour ses effets délétères (parfois avec raison) sur la santé, est devenu un allié indispensable de la lutte contre le covid 19. L’alcool est redevenu l’eau de vie au sens premier du terme. Tandis que les producteurs d’alcool se muaient en proverbiaux saint-bernards.

Les administrations, douane et santé, en tête ont levé les interdictions qui paralysaient les initiatives et donné un cadre légal sécurisant à la production d’éthanol à 96°. Surtout, les producteurs de rhums ont été autorisées à traiter directement avec les hôpitaux, et les pharmacies désormais autorisées à produire du gel et des solutions hydroalcooliques. Aujourd’hui, partout sur la planète, les producteurs d’alcool en général et de rhum de particulier, grands et petits, ont rejoint le mouvement.

Nous avons donc voulu faire un point, pays par pays, en nous appuyant sur un questionnement double : où en est la maladie dans chaque pays et comment s’organise sur place, tout d’abord la production de rhum, et aussi et surtout, celle d’éthanol sanitaire. Chaque pays du rhum a ses réponses et parfois ses problèmes, notamment administratifs, dans le combat de tous contre la saloperie qui nous confine. Cet article sera régulièrement mis à jour et enrichi de nouvelles origines

– BARBADE –

Population : 290 000 habitants*

Solidarité caribéenne

A la Barbade, où on comptabilise actuellement 82 cas et 7 décès au 6 mai avril, il n’y a eu que  7 nouveaux cas depuis le 20 avril et aucun pour le 3ème jour consécutif. Le gouvernement a mis en place un confinement aux alentours du 30 mars. Tout est fermé y compris les rumshops et les plages. En anticipation, et comme de nombreuses îles des caraïbes, la Barbade a fait appel à Cuba pour renforcer ses équipes de soignants. Une première délégation de 100 infirmières est arrivée début avril. De son côté l’hyper star barbadienne Rihanna a fait un don plusieurs centaines de milliers de dollars dès la mi-mars pour s’assurer que son île natal ne soit pas à court de respirateurs.

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Bidons d’éthanol à la West Indies Rum Distillery (WIRD)

De leur côté, les distilleries de la Barbade ne se sont pas coordonnées. On ne peut pas dire que l’entente règne entre elles, ces temps-ci. En revanche, elles font chacune les efforts de solidarité qu’on constate un peu partout dans l’industrie des vins et spiritueux. Mount Gay a opéré quelques changements sur sa colonne de distillation (lire l’interview de Raphael Grisoni) et produit un lot de 2 000 bouteilles de gel au norme OMS directement à la distillerie. Le lot a été offert au Barbados Health Supply (département gouvernemental qui gère le supply des hôpitaux et des pharmacies).  La distillerie est actuellement fermé et prévoit dès sa réouverture (le déconfinement de la Barbade est prévu pour le 15 avril) de lancer un production de 28 000 flacons (17,5cl) dont, c’est important 40 % seront offerts ou vendu à prix coûtant aux îles de la Caraïbes qui en ont exprimé le besoin (Ile vierges britanniques, Saint Martin, Antigua).

WIRD, qui produit toute l’année de l’alcool sanitaire a tenu à maintenir sa production malgré le lockdown, pour fournir, selon Andrew Hassel « toutes les forces de lutte contre la maladie à savoir les pompiers, la Police, les ambulanciers, les douanes, les pharmacies ainsi que le centre national de quarantaine. »

*Source : Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies .

Lire l’interview de Raphael Grisoni, Directeur de Mount Gay

– EL SALVADOR –

El Salvador

Population : 6.643.000 habitantes
Le jour même où l’OMS donnait au Covid-19 le statut de pandémie mondiale, le 11 mars, le président du Salvador, Nayib Bukele, décrétait la fermeture des écoles dans le pays bien qu’aucun cas n’y soit encore déclaré. Trois jours plus tard, l’assemblée législative votait l’état d’urgence et d’exception limitant pour 15 jour les déplacements de la population.

Le premier cas de Covid fait son apparition le 18 mars à l’hôpital central Arturo Morales dans la ville de Metepán. Alors que nous écrivons ces lignes (5 mai), le pays a comptabilisé 587 cas et 13 personnes sont décédés et le président vient de déclarer dans la presse que le système de santé est au point de rupture.

Dès le 30 mars, la Licorera Cihuatán, a annoncé adapter temporairement sa production pour produire de l’alcool sanitaire et ainsi aider au niveau local. La distillerie a ainsi produit de l’alcool neutre dilué à 70° et offert aux hopitaux, aux hospices pour personnes âgés et toutes autres instittuions au contact de personnes à risque.

Lire l’interview de Juan Alfredo Pacas -Vice président de  la Licorera Cihuatán

– GUADELOUPE –

Population : 480 000 habitants *

Gel Péyi pour tous

A l’heure où nous (ré)écrivons ces lignes (20 avril), la Guadeloupe, où le virus n’est apparu que le 12 mars, compte 153 cas cumulés de personnes infectés, ce qui signifie que seulement cinq cas ont été enregistrés entre le 20 avril et le 6 mai.

Dès le 19 mars, les personnels de santé réclamaient, comme partout, des masques, des respirateurs et du gel hydroalcoolique.

L’ensemble des « rhumiers » a réagi rapidement et, dès le 23 mars, le SRIG (Syndicat des Rhumiers de Guadeloupe), présidé par Hervé Damoiseau, annonçait un partenariat avec le Conseil départemental. Objectif, un don collectif de 10 000 litres d’alcool à 96° (en stock à la distillerie Sis Bonne Mère) dont le coût a été partagé par toutes les distilleries.

Cet alcool a été transformé sur place par la société Prochimie pour, une grande première, 13 000 litres Gel Péyi. Celui-ci a été livré pour être distribué par le conseil départemental, à partir du 1er avril, aux personnes les plus exposées les personnels des services sociaux et leurs interventions au quotidien pour s’assurer du bien-être des enfants, des plus âgés et des plus fragiles et démunis. Sera-ce suffisante si la maladie continue sa progression.

Interview d’Hervé Damoiseau par un site local.

Il est important de noter ici que la Guadeloupe, toujours via la Syndicat des rhumiers a fait don de 2000 l d’alcool à l’ile de Saint Martin pour une production local de gel destiné également à Saint Barthélemy.

*Source : Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

Lire l’interview de Francois Longueteau 

Lire l’interview d’Hervé Damoiseau

– MARTINIQUE –

Population : 400 000 habitants*

La Martinique face à une administration tatillonne

A l’heure où nous (ré)écrivons ces lignes (7 mai), la Martinique est confinée depuis le 17 mars, comme tout le reste du territoire français et comptabilise 181 cas positifs (soit 18 cas entre le 20 avril et le 6 mai) dont 4 en réanimation (19 le 20 avril) et 14 décès. Les deux premiers cas reconnus par l’ARS datent du 5 mars et le besoin en gel s’est fait sentir rapidement comme partout ailleurs. Rapidement les « rhumiers » ont proposé leur concours mais aux alentours du 20 mars, se plaignaient des lenteurs de l’administration qui ne reconnaissait pas la conformité du rhum agricole (lire l’interview de Marc Sassier) pour produire du gel hydroalcoolique à cause d’un taux de non alcool trop élevé. On aura pu lire Marc Sassier (Président de l’AOC) se demander « si la norme allait l’emporter sur le bon sens ?» Rappelons ici qu’il est avéré qu’un alcool à 70% suffit pour tuer tous les virus connus et que les rhums agricoles ou traditionnels (càd à plus de 225g de non-alcool par hl) sont par ailleurs reconnus propre à la consommation de bouche !

GBH
Charles Larcher (à droite) président du Coderum

Seul un rhum léger (moins de 40g de TNA), le rhum « bon goût » en stock chez Saint James, seule distillerie à en produire, ayant été validé, c’est ce stock qui a été offert par un consortium de toutes les distilleries, sous l’égide du Coderum via un principe de partage des frais. Ce stock 7 000 litres d’alcool, mis à disposition dès le 27 mars, a permis de produire 16 500 flacons de 500 ml de gel hydroalcoolique distribué par les collectivité territoriales en coordination avec l’ARS.

Cet effort collectif ne s’est pas arrêté à ça et les distilleries ont adapté leur production (notamment Saint James et J.M) pour produire rapidement de l’alcool à plus de 90 % mais les normes n’ayant pas évolué, ce qui rend Marc Sassier inquiet pour l’avenir et ce d’autant que les autres ingrédients pour produire le gel viennent à manquer (Glycérine et eau oxygénée).

De sont côté : « le groupe GBH s’est engagé, au travers de ses structures, à fournir 15 000 litres d’alcool à 90% produits à la distillerie J.M pour élaborer de la solution hydroalcoolique conditionnée en poche à BIB de 5 litres. A ce jour, plus de 8 000 litres de solution hydroalcoolique ont déjà été offerts aux personnels de santé et de sécurité de l’île. » explique Charles Larcher (lire son interview ici) président du Coderum et directeur des rhums Clément.

Par ailleurs, Saint James a annoncé via sa page Facebook le 31 mars « augmenter fortement sa production d’alcool de canne pour livrer les CHU, pharmaciens et fabricants de gels hydro-alcooliques. »

Enfin, et c’est loin d’être négligeable le Groupe Bernard Hayot a fait un don de plus 996 000 masques aux agenced de santé régionales dont 224 000 à la MArtinique et à la Martinique, 424 000 à La Réunion et 124 000 en Guyane.

A suivre…

*Sources : Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies .

Lire l’interview de Marc Sassier, Directeur de Saint James et président de l’AOC Martinique

Lire l’interview de Charles Larcher Directeur du Groupe Bernard Hayot

– GUYANE FRANCAISE –

Population : 306 000 habitants*

Une situation maîtrisé ?

La Guyane compte, au 6 mai 138 cas dont 8 sont encore hospitalisée et un seul décès, 112 personnes déjà guéries. une quarantaine de cas depuis le 20 avril oblige les autorités à une certaine prudence. Dans le département, les complications sanitaires s’additionnent aux difficultés sociales et économiques déjà grandes en Guyane qui connait en outre une recrudescence de la Dengue. Des solutions de logements sont proposées aux personnes atteintes du virus et qui ne peuvent pas se confiner chez elles. Dans cette situation d’urgence, la distillerie Saint-Maurice, seule distillerie du territoire, a fait premier un don de 5 000 litres d’alcool à 90° destiné à l’hôpital de Cayenne. Dans le même temps, un mouvement de solidarité s’est opéré autour des pharmacies auquel la distillerie a également fait don de 1 000 litres d’alcool à 90°.

Lire l’interview de Claudine Robinson des Rhums Saint Maurice

*Source : Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

– LA REUNION –

Population  : 890  000 habitants*

Les distilleries réunionnaises unies face au Covid-19

Comme partout dans le monde, le Coronavirus frappe la population réunionnaise et à l’heure où nous écrivons ces lignes (7 mai), 425 cas sont confirmés (aucun cas depuis 3 jours et seulement 17 cas depuis le 20 avril).  La grande majorité sont des cas « importés ». Sur l’île soumise, ainsi que tout le pays, au confinement, le Préfet a contacté les « rhumiers » à la mi-mars 2020, pour trouver de l’alcool distillé à très haut degré. Entre les réserves et les capacités de distillation de chacune, les trois plus importantes distilleries de l’île, qui avaient adapté leur organisation à la situation, ont répondu présentes, marquant une nouvelle fois l’histoire de La Réunion.

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Solution hydroalcoolique produite par la distillerei Isautier

Savanna, souhaitant participer au combat, a dédié une antenne spécifique de son site, à la production d’alcool pharmaceutique et de rhum léger à 96°. La taille de son outil industriel lui permet de poursuivre une partie de sa production classique de rhum, tout en ayant comme priorité la fourniture d’alcool aux professionnels de santé. Le groupe la «Réunionnaise du rhum» propriétaire de la distillerie, a d’ores et déjà mis à disposition, rien que pour le rhum léger, 20 000 litres, au début du mois d’avril. La demande réunionnaise ne cessant de croître, les arbitrages en matière de distillation évoluent avec la situation et Savanna saura faire face.

Lire l’interview de Samuel Pitarch de la distillerie Savanna

Isautier, fidèle à son histoire, a répondu à l’appel des autorités, et s’est portée volontaire pour produire du gel hydroalcoolique. Ne possédant naturellement pas l’intégralité des ingrédients et fournitures, c’est par la solidarité d’autres entreprises que la distillerie a pu mettre en place une chaîne production. La solution hydroalcoolique est livrée au Conseil général mais également à toutes les professions de santé qui en sollicite. La demande est colossale et la production intense. L’île voisine, Mayotte n’est pas oubliée puisqu’une palette y a déjà été envoyée. En trois semaines, la production de la plus ancienne distillerie de l’île, pourrait atteindre 89 000 litres de gel !

Lire l’interview de Jérome Isautier, directeur du groupe Isautier 

Rivière-du-Mât enfin, la plus imposante distillerie de l’île, a également mis toute sa puissance au service de la lutte contre le Covid-19. Un Plan de Continuité d’Activité a permis une adaptation importante de la logistique. La production d’alcool de pharmacie et ménager, qui faisait déjà partie de la production traditionnelle de la distillerie, a été décuplée : « Les volumes des 2 dernières semaines correspondent à 3 mois d’écoulement habituellement. », affirme son directeur. Par ailleurs, le partenaire local de Rivière-du-Mât, Mascarin, filiale du groupe La Martiniquaise, entamera une production de gel hydroalcoolique dans les prochains jours.

La Distillerie Chatel, suite à un partenariat initié par le Groupe Bernard Hayot (GHB), a entamé la production de 5000 litres de solution hydroalcoolique, livrés à partir du 03 avril aux professionnels de santé. Par ailleurs GHB a annoncé pour la Réunion, un don 600 000 masques de protection.

Lire l’interview de Teddy Boyer, directeur de la distillerie Rivière du Mât

*Source :  Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

– SAINT MARTIN et SAINT BARTHELEMY –

Population : Saint Barthélemy 9500 habitants, Saint Martin 35 000 habitants (73 000 pour toute l’île) *

Avec 38 cas (1 supplémentaire depuis le 20 avril et seulement deux hospitalisés (plus deux évacués en Guadeloupe et un en Martinique) désormais de retour chez eux, Saint Martin est semble-t-il sorti de la crisue , en tous cas dans sa partie française. La partie hollandaise ayant retardé le confinement (comme les Pays Bas) a été plus durement touchée.

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La production de gel hydroalcoolique à Saint Martin n’a pu se faire que grâce à un don d’éthanol par la SRG (Syndicat des rhumiers de Guadeloupe).

Dès le début du confinement et devant la pénurie de solution hydroalcoolique, la société Rhum Island (également propriétaire des rhums Saint Barth), 3 pharmaciens de Saint-Martin, Pharmacie de Grand-Case et la société Laborex, ont décidé de mettre à disposition du matériel et leur savoir-faire.

Avec l’appui de la Préfète de Saint-Martin et Saint-Barthelemy, cette opération a permis de produire 2200 litres en une semaine et ce grâce au soutien du SRG (Syndicat des Rhumiers de la Guadeloupe).

La première cuve d’alcool arrive de Guadeloupe le lundi 30 mars. L’assemblage du gel a débuté réalisé par 3 pharmaciens et pris pas loin de 17 heures de conditionnement pour les premiers 300 litres, livrés dès le vendredi 3 avril aux Centre Hospitalier de Saint-Martin, et le samedi 4 avril au Centre hospitalier de Saint-Barthélemy. Un travail d’équipe au profit de tous.

*Source : Gouvernement.fr

Lire l’interview de Valérie Klein de Rhum Island

– ILE MAURICE

Population : 1,3M d’habitants*

L’île Maurice, toujours prête.

Au 6 mai, l’île Maurice comptabilise un total de 332 cas, 10 décès et 332 personnes guéries. Avec zéro nouveau cas pour le 10ème jour consécutif. L’île se déconfine progressivement même si les écoles ne ré-ouvriront pas avant août. Maurice n’a pas eu à souffrir de pénurie de gel hydroalcoolique mais il faut dire qu’elle produit toute l’année de grande quantité d’alcool sanitaire. En effet, la production de « vrai » rhum est relativement récente à Maurice (fin du 20ème siècle) et les distilleries comme Gray’s n’ont longtemps pu produire que de l’alcool neutre, à cause d’une loi datant de 1968. Gray’s est donc parfaitement en mesure de produire les quantités d’éthanol qui viendraient à manquer. En revanche, il est très intéressant de se pencher sur sa démarche solidaire et préventive en direction des pays africains, notamment sur la côte est du continent, partenaires naturels des Mauriciens (voir l’interview de Didier Noël). De son côté, Chamarel qui ne produit que du rhum pur jus, est à l’arrêt en attendant la l’ouverture de la période de récolte. La distillerie souffre principalement de l’absence de touristes, un des piliers de son business model (lire l’interview d’Olivier Couacaud).

Lire l’interview de Didier Noël, Export Manager chez Grays (New grove et Mauricia) 

Lire l’interview d’Olivier Couacaud, PDG de la rhumerie Chamarel

– THAILANDE – 

Population : 69 millions d’habitants*

Interdiction de la vente d’alcool

La Thaïlande est le premier pays à avoir déclaré un cas de Corona après la Chine et ce début janvier. Pourtant ce n’est qu’au mois de mars que sont apparus des foyers de de contamination. La Thailande a réagi dès la mi-mars en fermant écoles et universités puis les centres commerciaux, restaurants… Avec un taux de mortalité de 0,9 pour 1 million, la Thailande figure parmi les meilleurs élèves du Covid. Plusieurs explications sont avancées, d’une part la bonne réaction du gouvernement, d’autre part la possibilité que le virus soit moins virulent dans les pays chaud et humides et enfin le fait, que comme de nombreux pays asiatiques depuis l’épidémie de Sras, le port du masque soit la norme pour les habitants, que ce soit dans la rue ou plus encore dans les centres commerciaux.  Il est ainsi à noter que les masques et le gel hydroalcoolique n’ont quasiment jamais manqué dans le royaume thailandais.

Notons enfin qu’entre le 10 avril et le 30 avril, la vente d’alcool (de tout alcool) est interdite dans tout le pays… La Thailande suivant en ceci les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé qui a déclaré la semaine dernière qu’elle « encourage les gouvernements à appliquer des mesures qui limitent la consommation d’alcool » pendant le confinement parce que la consommation d’alcool « peut exacerber la vulnérabilité sanitaire, les comportements à risque, les problèmes de santé mentale et la violence« .

*Source : United Nations Department of Economic and Social Affairs : Population Division

Lire l’interview de Thibault Spithakis de Chalong Bay

– JAPON –

Population : 130 millions d’habitants*

Malgré l’apparition de la maladie relativement tôt (mi-janvier), la Japon a connu une première évolution assez timide de la maladie. Contrairement à la Corée du Sud voisine, le pays a choisi de ne pas pratiquer de dépistage massif. Cependant, le pays a été mis en état d’urgence à la mi-avril devant une nouvelle recrudescence de cas avec une forte augmentation entre le 15 et le 20 avril qui a conduit à un renforcement des mesures de distanciation sociales prolongées jusqu’à fin mai. Et les chiffres sont repartis à la baisse grâce notamment au civisme et aux habitudes japonaises (port du masque et distanciation sociale). Dès mars, le ministre de la santé, annonçait un potentiel risque de manque d’alcool pour produire du gel, le Japon important principalement de l’alcool raffiné du Brésil pour pourvoir à ses besoins. CE sont les brasseries japonaises qui se sont les premières proposés pour produire de l’alcool (à 65 ou 70%) comme remplaçant direct du gel et pour fournir les producteurs de gel. Malgré quelques complications administratives (négociées préfecture par préfecture), les autorisations se sont mis en place assez rapidement.

Lire l’interview de Yoshiharu Takeuchi des rhums Nine Leaves.

*Source : Populationdata.net


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