Rencontre dans les chais avec Florent Beuchet, créateur de la Compagnie des Indes

Départ Gare de Lyon, le TGV Lyria pour Dijon, ça change d’Orly et d’Air Caraïbe ! Le Rumporter est néanmoins prêt à troquer sa chemise à requins-marteaux pour son manteau en tweed et braver la rigueur du froid jurassien pour remonter à la source, tel un saumon frétillant, des trésors de la Compagnie des Indes.

Florent Beuchet, créateur de la Compagnie des Indes

Car c’est bien en plein cœur du Jura, et précisément au sein de la brasserie-distillerie Rouget de Lisle, que se trouve le chai mutualisé de la CDI. Une soixantaine de barriques, non loin de quelques centaines de barriques de whisky jurassien, voilà un comité d’accueil qui n’est pas pour me déplaire. On visite d’abord l’installation de la brasserie, la colonne de distillation du whisky, on déguste quelques vieux fûts spéciaux dont je tairais l’âge et le type pour mieux se concentrer ensuite sur les rhums. Et il y a de quoi faire, du rhum de Floride, quelques pépites jamaïcaines, saupoudrez le tout de Barbade et vous vous retrouvez en plein dans la cuisine de Florent Beuchet.

Ici rien à cacher, on peut tout goûter, tant que le propriétaire veut bien faire des acrobaties dans les racks de fûts, et nous fait déguster en avant-première ces dernières trouvailles à peine livrées sur palettes. Un jour par semaine, il s’occupe de cette nurserie, aérant, transvasant, brassant ces découvertes pour les rendre les plus appétissantes possibles. Au tour d’une belle dégustation, quelques questions fusent, entre état des lieux et perspectives d’une start-up du rhum à la française.

Alexandre Vingtier : Tu as commencé avec une poignée de fûts et aujourd’hui tu en possèdes une soixantaine, la Compagnie des Indes est un succès remarqué et indéniable : arrives-tu à répondre à la demande ? Le temps passé dans ton chai est-il suffisant pour répondre à tes critères qualitatifs ? Comment arrives-tu à améliorer la qualité de tes embouteillages ?

Florent Beuchet : L’aventure Compagnie des Indes a débuté il y a quatre ans de cela et il est vrai que l’engouement des amateurs de rhum pour la marque ne se dément pas. C’est ce qui m’encourage sans cesse à renforcer et développer mon offre sans pour autant compromettre sa qualité. J’ai su m’entourer des bonnes personnes, me permettant de mettre à profit leurs expertises personnelles.

La dernière personne à nous rejoindre a été maître de chai six ans au Venezuela chez un producteur de rhum. Si la visibilité de la marque est forte, Compagnie des Indes reste une marque de niche. Le volume annuel produit – bien qu’en croissance constante – est inférieur à la production d’une édition limitée d’une grande marque !

Florent Beuchet, créateur de la Compagnie des Indes

AV : Tu réinvestis tout dans la constitution de ton stock ? Comptes-tu continuer de revendre une partie de tes fûts ? Quel est ton objectif en termes de stock pour les trois prochaines années ?

FB : Oui, comme je te l’expliquais, Compagnie des Indes reste une petite start-up, l’autofinancement est donc indispensable. La forte croissance de la demande nécessite de continuellement réinvestir dans un stock pour assurer la pérennité de la marque. L’activité de négoce est une activité annexe de la marque. Elle vient soutenir mon activité principale en permettant à la marque de gagner en visibilité mais aussi un retour sur investissement plus rapide. 

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