La place du rhum à Marseille de 1854 à 1950

Evoquer le rhum à Marseille, c’est se demander comment le rhum a pu continuer à exister en tant que produit à part entière, dans une ville qui recevait des millions de tonnes d’autres marchandises coloniales, à l’époque où Marseille était alors le premier port colonial de France.

Depuis le début de la Guerre de Crimée et à la faveur de crises successives qui frappent le vignoble français, le rhum arrive massivement en France. Les exportations de la Guadeloupe passent par exemple, de 226 410 litres à 1 585 872 litres.

Dans les ports coloniaux que sont Bordeaux, Marseille, Nantes ou Le Havre, des maisons de spiritueux déjà existantes intègrent le rhum dans leur gamme de produits (et jusqu’à Limoges, grand centre liquoriste où la société Bardinet crée la marque Négrita avant de s’installer à Bordeaux, ndlr). C’est le début d’un âge d’or du rhum qui ne cessera qu’en 1922.

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L’Âge d’or du rhum à Marseille (1854-1922)

Marseille profite de cette libéralisation du commerce du rhum dès les premières années. En 1865, les importations de rhum s’élèvent à 1 823 129 litres. Dans les années 1860, les premières étiquettes de marques de rhum sont déposées à l’Institut National de la Propriété Industrielle. Mais il faut attendre 1877 pour que la première étiquette de rhum marseillais soit officiellement déposée. Il s’agit du Rhum P. et H. Gérard Frères, grande maison de négoce marseillaise, en provenance de St-Pierre de la Martinique. La majeure partie du rhum est consommée en métropole, une petite partie est réexportée notamment vers les nouveaux territoires de l’Empire colonial.

Cette dynamique cache cependant une réalité plus terne, à savoir la baisse des importations de rhum. Entre 1865 et 1884, Marseille importe en moyenne chaque année 750 000 litres de rhum. Entre 1888 et 1901, ce chiffre tombe à 353 000 litres. Cette baisse des importations s’explique par le type et le lieu d’investissement des sociétés marseillaises. Néanmoins, cela n’enraye pas la popularisation grandissante du rhum en métropole et paradoxalement l’ouverture y compris pour Marseille, de nouveaux débouchés.

 

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Dans les années 1870, les exportations du rhum de Marseille se dirigent principalement vers les colonies d’Afrique et dans une moindre mesure en Indochine. D’importantes quantités de rhum naviguent vers le Bénin, le Sénégal et le Nigéria.

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