Rhum en crime #4 : Very Bad Rumtrip

Rhum en Crime est une série d’histoires vraies présentées de manière romancée, dans lesquelles le rhum joue un rôle. Ces courts récits évoquent aussi bien des meurtres que des affaires de fraudes.

Rhum en crime

Paris, 1896. La rue Saint-Denis se trouve être au cœur de la capitale. Il s’y fréquentent les milieux populaires et la petite bourgeoisie. La voie pavée sur laquelle circulent des charrettes de livraison, est mouillée en ce mois de juin. L’eau ruisselle dans le caniveau au pied de l’immeuble du drame. Cette bâtisse est située à proximité d’une épicerie à la devanture richement décorée. L’agent d’affaire Louis Seguin vit maritalement avec la blanchisseuse Mme Lecomte qui, ce soir-là, a accepté la garde d’un enfant de deux ans.
M Seguin rentre chez lui vers 20h30 et rencontre sur le chemin le jeune garçon-boucher Meyer souhaitant aller reprendre du linge qu’il avait laissé chez Mme Lecomte.

Les deux hommes qui s’apprécient malgré une différence d’âge de plus de 20 ans, s’arrêtent boire quelques apéritifs chez un marchand de vin. Une demie heure plus tard, ils se remettent en route et se rendent chez M. Seguin et Mme Lecomte. Ils montent les cinq étages et constatent avec joie que le dîner est prêt. Mme Lecomte offre un verre de rhum à l’invité surprise et ajoute un couvert.

Nos trois personnages discutent aimablement en mangeant et buvant du rhum. Ils parlent de tout et de rien. Ils trinquent et le niveau de la bouteille diminue.
Mais M Seguin n’a pas l’alcool aussi joyeux qu’il y parait. Sa peau rougit et son œil noircit. La présence du bébé, dormant sur le canapé, commence notablement à l’agacer.

Pourquoi as-tu accepté de garder ce chiard ? Je ne l’aime pas. Ni lui, ni sa mère.

Madame Lecomte également prête à basculer du rire au drame, lui rétorque immédiatement

Bah si t’es pas content, t’as qu’à déménager !

Ni une, ni deux, M Seguin, déjà bien chauffé par le rhum, arme son bras et envoie une gifle à Mme Lecomte qui bascule en arrière et se rattrape in-extremis à la table. Le brave Meyer prend la défense de la dame et se jette sur le robuste agresseur. Ce dernier n’a aucun de mal à projeter le jeune homme sur le canapé, ce qui provoque un hurlement du bébé. M Seguin s’empare d’un couteau de boucher doté d’une lame de 22 centimètres, posé sur la table, et lance une attaque contre le jeune homme. Mme Lecomte tente de l’aider et Meyer arrive à retourner la situation.

C’est tout ce dont les acteurs de cette soirée se souviennent.

Lorsque l’on découvre la scène, le lendemain matin, la petite pièce de l’appartement est maculée de sang. Des tâches écarlates ont été projetées sur le plafond durant la lutte. Des traces de mains ensanglantées sont étalées sur le mur. Des flaques de sangs se trouvent au sol. Le corps de Louis Seguin gît à terre, deux coups de couteau dans le corps. Mme Lecomte a le bras transpercé. Elle est très faible. Le jeune homme a une profonde blessure dans la jambe et les quatre doigts d’une main, entaillés. Seguin est transporté à l’hôpital, mais en vain. Les deux autres victimes sont pansées.

Meyer, qui accepta de boire quelques verres de rhum alors qu’il venait simplement chercher du linge, avoue avoir planté son hôte mais, à cause de son état d’ivresse, ne souvient d’aucun détail…

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