Covid-19 : Interview de David Giallorenzo des rhums Issan – Thaïlande

Issan

Rumporter : Le Corona virus est parti de Chine mais la Thaïlande semble s’en sortir très bien avec peu de cas pour une population de 70 millions d’habitants Pouvez-vous nous faire un point à date (17 avril) de l’évolution de la maladie en Thaïlande ?

David Giallorenzo : L’épidémie en Thaïlande n’a pas du tout la même envergure qu’en Europe ou aux USA avec moins de 3.000 cas recensés et 49 morts. Malgré cela des mesures de protection drastiques ont été mises en œuvre : fermeture des frontières, fermeture de tous les commerce hors alimentaires, fermeture des bars, restaurants et hôtels, restriction de mobilité. A contrario il n’y a pas eu de confinement strict étendu au niveau national, seules quelques zones y ont été soumise. Nous sommes cependant sous couvre-feu de 22 heures à 4 heures du matin. La situation semble à ce jour stabilisée et nous attendons la suite.

R : Pouvez-vous nous raconter concrètement comment vous vous êtes organisés sur le site de production. Avez-vous eu besoin de procéder métiers sont en télétravail, au chômage partiel ou autre mesure courantes en Europe ?

DG : Nous avons eu la chance de pouvoir quasiment finir notre campagne Agricole Issan avant le début des restrictions. Nous avons dû arrêter toutes les activités de production à Koh Samui aussi. Nos deux distilleries sont à l’arrêt.

Pour la gestion de nos équipes c’est très compliqué. L’état Thaïlandais a mis en place une campagne d’aide et nous essayons de notre côté de subvenir aux besoins de base de nos équipes pour passer cette période.

Si cette elle dure trop longtemps cela va être un désastre social ici, il a très peu d’aide ici et plus de 10 millions de personnes, déjà précaires pour la plupart, ont perdu leur emploi.

Cette crise sociale va tuer beaucoup plus monde en Thaïlande que le Covid 19, c’est une certitude.

R : Récemment en France, le gouvernement via plusieurs décrets ministériels a facilité le don d’alcool de bouche aux pharmaciens et autre opérateurs habilité à produire du gel hydroalcoolique ? Est-ce que la Thaïlande souffre du même manque en gel hydroalcoolique, est ce que vous avez pu mettre quelque chose en place?

DG : Nous n’avons pas eu à nous mobiliser pour ceci car il n’y a jamais eu de pénurie de ce type en Thaïlande ; ni pour les gels hydroalcooliques, ni pour les masques de protection.

R : Savez-vous quelles conséquences, la crise impliquera sur votre propre production de rhum ?

DG : Les conséquences en termes de production seront assez limitées car nous avions finis notre campagne 2019/2020 et la distillerie de Samui est loin d’être à plein régime en production.

R : Avez-vous déjà perçu un impact de la crise sur les ventes ?

DG : L’impact et d’ores et déjà colossal. Baisse des ventes de 50 % en Mars, aucune vente en avril puisque la vente d’alcool a été interdite dans tout le pays tout le mois et nous n’avons aucune visibilité sur la réouverte de nos activités commerciales dans toute la Thaïlande.

Sur l’année la baisse de notre chiffre d’affaire va être immense, au moins 70 % ou 80 % sûrement mais c’est assez difficile à estimer dès maintenant.

Nous sommes clairement en mode de survie et il va être compliqué pour nous de passer cette crise. Nous restons cependant tous mobilisés en attendant la reprise de nos activités.

 


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