« Il n’y a pas de simple marin. » Rencontre avec Guillaume Le Grand de TOWT . 1/2

Depuis quelques années déjà, et dans beaucoup de domaines, on essaie de retrouver les habitudes de consommation de nos anciens. Dans ce retour vers le futur, on peut y voir plusieurs intérêts : nostalgie, devoir de mémoire, économie ou comme ici dans le transport, pour l’écologie. D’aussi loin que remonte la création des bateaux, l’homme s’en est toujours servi comme moyen de déplacement mais aussi de transport. Encore aujourd’hui, même si les bricks, ketch, goélettes, caravelles et autres clippers sont remplacés par d’énormes porte-containers (le plus gros étant Français d’ailleurs, cocorico !), 90% du commerce mondial s’effectuent par voie maritime et le rhum n’échappe pas à la règle… Alors en pleine actualité marine avec le Vendée Globe 2016, je vous propose de partir à la rencontre de Guillaume Le Grand, co-fondateur de TOWT : Trans Oceanic Wind Transport.
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© Towt

Rumporter : Bonjour Guillaume, pourrais-tu te présenter ? Comment quelqu’un qui est passé par divers grandes écoles (INSA & Sciences Po Lyon, Université Libre de Berlin, etc.) termine « simple » marin ?
Guillaume Le Grand : Bonjour Damien, bonjour à tous. Disons que mon cursus, parfois sinueux, m’a permis d’acquérir des savoirs qui me sont aujourd’hui utiles (cycle carbone, process administratifs par exemple). Mon mémoire de fin d’études s’intéressait justement au protocole de Kyoto et au principe de l’émergence d’un marché carbone, que j’ai pu, des années plus tard, approfondir dans le cadre d’un master en Développement Durable, Energie et Environnement. La mer, durant ces années, parfois très terriennes, m’a toujours manqué, mais le lien que j’avais avec elle depuis tout petit ne s’est jamais rompu. C’est presque sans le savoir que je suis revenu à elle. La puissance du vent qui tire sur les écoutes d’un voilier, même petit, est une réalisation intuitive qui est empirique : on s’en rend compte en tirant dessus… Elle m’a toujours impressionné, depuis tout gamin, et je me suis dit qu’il y a tellement de vent en mer et qu’il devait bien y avoir moyen d’en faire autre chose que « juste » de la plaisance ou de la course. Ce vent peut nous permettre de transporter des marchandises d’un point A à un point B et de penser autrement l’avenir, tout simplement. Mais pour cela, il faut quand même penser, non ?

« Simple » marin ? Un « simple marin » n’existe pas… La Planète est «bleue », nous venons de la mer, qui représente plus des 2/3 de la surface du globe. C’est par la mer que passe ce qui se passe sur Terre, et c’est en mer que nous trouverons les clefs d’un avenir plus harmonieux. Le marin vit sur un monde changeant, parfois dur, inhospitalier, c’est là qu’il trouve sa dignité ; il y trouve la dignité de tous les Hommes, le sens de l’au-delà. L’humilité, la cohésion humaine, le sens se trouvent en mer. Il n’y a pas de « simple marin », ou alors il manque à l’Homme beaucoup de simplicité…

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