Interview – Donovan Chouari, Bar 1802

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Bar 1802

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir embouteilleur indépendant ?

Pour ce qui est de la genèse des embouteillages 1802, il ne s’agit pas de nous (Paulo et moi-même) mais d’Adrian et Chris’. L’idée était avant tout de proposer au bar des produits uniques et exclusifs, sélectionnés avec soin et expertise par eux. Ces produits sont donc disponibles au verre à la clientèle du Bar 1802 et à la bouteille si coup de coeur il y a.

Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?

L’évolution du marché ne nous a pas trop touché, car il ne s’agit pas de notre activité première. Nous gérons nos produits et rythme de sortie sans impératifs en fonction de nos besoins.

Quelles sont vos principales contraintes ?

Nous n’avons pas réellement de contraintes à proprement parler. Je dirai que la principale serait de proposer en permanence un panel regroupant tous styles de rhums et à tout budget. Historiquement, sur la quarantaine d’embouteillages 1802 actuels, le moins cher était à 45€, et le plus cher à 500€ pour notre Caroni.

Bar 1802

Où sourcez-vous vos rhums ?

Notre processus de sourcing est basé sur ce panel également. Nous sommes en permanence en recherche du nouveau rhum qui pourra l’enrichir. L’idée aussi est de ne pas tourner sur quelques distilleries et multiplier les partenariats. Nous nous efforçons de varier dans les origines/distilleries même au sein d’un même style. De la même manière, au-delà de cette variété, nous cherchons toujours des localités moins connues ou des vieillissements/finishes plus singuliers.

Une sélection qui vous a marqué ?

Parmi les embouteillages qui nous ont marqué, nous trouvons : un Savanna HERR blanc 2006 (première distillation de HERR) qui a passé 15 ans en cuve inox, un Caroni 1998, car c’est toujours une chance immense d’embouteiller cette distillerie de légende, un TDL 19 ans en collaboration avec Compagnie des Indes qui était exceptionnel et la cuvée qui sort aujourd’hui, à nouveau avec Compagnie des Indes, première release selectionnée par Paul-Antoine et moi-même. Un New Grove 15 ans, dont la dernière année a été faite en fût de vin de macération (vin orange).

Bar 1802

Comment réaliser de la marge ?

En tant que bar, nous vendons bien évidemment nos sélections à la dose en plus de la bouteille, c’est donc ici que la majeure partie de notre marge provient.

Quels conseils donneriez-vous à un passionné qui se lance aujourd’hui ?

Beaucoup de nouveaux embouteilleurs sont apparus ces dernières années, en France et ailleurs, la compétition est rude pour se lancer aujourd’hui. Ou alors il faut arriver dès le début avec des cuvées « mastodontes », très rares ou très vieilles, pour sortir un peu du lot.


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