Deux études récentes ont retenu notre attention : le Baromètre Sowine/Dynata 2026 et le sondage Odoxa réalisé pour l’association Prévention & Modération. Ensemble, elles dressent le portrait d’une France qui boit moins mais différemment, et où le rhum, confirme sa place de leader des spiritueux.

Première les Français consomment de moins en moins d’alcool. Ainsi, selon l’étude Odoxa, 24 % des Français ne boivent jamais d’alcool, et 47 % des consommateurs affirment boire moins qu’il y a quatre ou cinq ans. Le vin reste la boisson préférée à 52 %, mais recule de 6 points en un an, tout comme la bière (51 %, -5 pts). On note un recul global, qui profite cependant à de nouvelles catégories : les cocktails s’imposent chez les 18-25 ans comme la boisson numéro un (46 %), les vins effervescents progressent fortement (+10 pts), et les no-low gagnent du terrain, portés désormais par le goût davantage que par la santé. L’un des enseignements les plus frappants de cette étude concerne cependant les jeunes.
Près de 4 jeunes de 18-24 ans sur 10 ne boivent jamais. Mais dès qu’ils consomment, plus de la moitié (52 %) dépassent les 5 verres en une seule occasion. Un profil de consommation épisodique et intense, qui se concentre précisément là où les cocktails — et donc les spiritueux comme le rhum — sont les plus consommés : soirées, festivals, bars
Le rhum conserve une bonne image de marque
L’étude de Sowine-Dynata nous permet d’avoir une compréhension plus fine des comportements des consommateurs et de ce que cela veut dire pour les différentes catégories d’alcools, en particulier pour les spiritueux et le rhum. Dans ce paysage en recomposition, les spiritueux accusent un recul global (-4 pts d’acheteurs en 2026). Pourtant, le rhum résiste et confirme sa domination sur l’ensemble du marché.
En consommation pure, il reste en tête avec 78 % des consommateurs de spiritueux qui en boivent, loin devant le whisky (72 %) et les liqueurs (63 %). En mixologie, il conforte également sa position dominante à 55 % (+1 pt), creusant l’écart avec une vodka qui s’effrite à 34 % (-4 pts). Le contexte joue en faveur du rhum : les spiritueux sont de plus en plus consommés entre amis (52 %, +2 pts) et en soirée (36 %, +3 pts), deux occasions où les cocktails à base de rhum s’imposent naturellement.
La montée en puissance des cocktails chez les jeunes adultes est donc une bonne nouvelle structurelle pour la filière. La seule menace à surveiller : le gin, qui atteint 52 % (+5 pts) et dépasse désormais le cognac, notamment porté par les 36-49 ans (+10 pts) et très présent chez les 18-25 ans (72 %). Il capte une partie de l’attention sur le segment cocktail avec des arguments de fraîcheur et de polyvalence. Le rhum domine encore largement, mais la compétition s’intensifie sur le terrain de l’image.
En définitive
Les deux études dessinent une même trajectoire : moins d’alcool au quotidien, plus de sélectivité, des moments de consommation plus intenses et plus festifs. Pour le rhum, cette évolution est une opportunité : la montée des cocktails, la centralité des soirées et la montée en gamme des achats (57 % des acheteurs de spiritueux dépensent entre 21 et 50 €, +9 pts) jouent en sa faveur. L’enjeu est de rester visible et responsable dans les lieux où la fête se construit — et où la prévention a encore tout à faire.