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Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir embouteilleur indépendant ?
La passion, l’envie de découvrir, de créer et d’amener une autre vision et de faire vivre des expériences gustatives, l’envie de vivre une aventure de partage et de rencontre.
Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?
Une baisse de l’engouement général, moins d’euphorie autour du rhum et une certaine lassitude de certains consommateurs qui pour certains, sont comme blazé. La spéculation a fini par tout emporter avec un effet d’augmentation des prix trop fort trop rapidement qui a éloigné beaucoup de passionnés qui se sont dirigés vers d’autres spiritueux.
Quelles sont les principales contraintes ?
Les prix pour les raisons expliquées plus haut. Également la conjoncture qui amène le consommateur à redéfinir son budget vers les priorités au détriment des achats plaisirs. Une tendance également du sans alcool même si je pense que ça sera éphémère mais de façon général on nous amène à être de plus en plus sage, la société devient de plus en plus stérile avec de plus en plus d’interdits et de contraintes, bientôt les personnes qui aiment profiter même raisonnablement des bonnes choses de la vie seront pointées du doigt et mal vues.
Où sourcez-vous vos rhums ?
Cela dépend. Certaines sélections proviennent de nos voyages, et dans ce cas on traite directement avec les distilleries, et d’autres proviennent de différents brokers.
Comment réaliser de la marge ?
C’est une question difficile. D’un côté on constate d’énormes augmentations sur les matières premières et de l’autre une baisse du pouvoir d’achat… Je pense que pour les prochaines années, il faut plus compter sur le volume que la marge donc des cuvées à plus petits prix mais avec de plus fort roulement.
Comment sortir du lot ?
Pour le sourcing il faut aller en terre inconnue mais cela ne voudra pas forcément dire que ce sera meilleur. Ou alors comme nous, se différencier en retravaillant les jus, par les vieillissements et les assemblages audacieux.
Quels conseils donneriez-vous à un passionné qui se lance aujourd’hui ?
De ne pas écouter les gens et d’aller au bout de ces idées, le plus important c’est de respecter ses convictions et de prendre du plaisir à proposer le fruit de notre travail.
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