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Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir embouteilleur indépendant ?
L’envie de m’exprimer au travers de mes propres créations. J’ai longtemps travaillé pour d’autres maisons et j’ai finalement eu envie de sortir une gamme à mon image, qui exprime ce que je pense du métier d’embouteilleur, des sélections mais surtout du travail d’affinage, d’assemblage, etc.
Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?
Le marché s’est tendu, entre une baisse du pouvoir d’achat, une concurrence rude entre les nombreux acteurs, confrères embouteilleurs, distilleries, marques nouvelles sur le marché français. Une hausse généralisée des prix du rhum a mis un vrai frein aux ventes.
Comment réaliser de la marge ?
C’est difficile aujourd’hui entre les prix élevés du rhum, la concurrence des marques de distilleries qui luttent dans ce marché actuel compliqué avec des offres commerciales agressives que nous n’arrivons pas à suivre. La hausse des matières premières, les taxes et le besoin de positionner nos produits à des tarifs attractifs, c’est souvent la marge de l’EI qui est compressée pour exister sur le marché. Créer une valeur ajoutée autre au produit que le produit lui même peut être une solution aussi, en créant de la rareté (ce que certains font), en innovant, en apportant un marketing mix qui répond aux attentes du client (marketing, packaging, rareté, sentiment d’appartenance, collection…).
Comment sortir du lot pour sourcer des rhums ?
Nouer de bonnes relations et d’éventuels partenariats avec les distilleries elles-mêmes est une bonne solution, faire faire sur mesure des lots est aussi un moyen d’avoir un produit unique sur le marché.
Combien de références depuis le début ?
J’ai embouteillé une quarantaine de cuvées depuis le lancement de ma collection en partenariat avec Hugo Randazo.
Une sélection qui vous a marqué ?
Plusieurs, mais une qui m’a énormément plu est une des premières, un single cask de Foursquare sourcé directement dans les chais de la distillerie avec Richard Seale et transporté à la voile sur le regretté Gallant, une pépite de 13 ans tropicaux en barrique de bourbon. J’avais aussi beaucoup apprécié la cuvée en partenariat avec Reimonenq en Guadeloupe, un coup de coeur sur un lot de blanc à 50% pendant mes dégustations avec Léopold que nous avions embouteillé en collab, j’avais fait une étiquette avec sa fameuse «Tour Eiffel» dont il était si fier pour lui faire un clin d’oeil.
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