Née d’un siècle de savoir-faire sucrier, l’aventure Major Philippe hisse les voiles vers l’univers du rhum mauricien premium. Fidèle à sa vocation durable et à son esprit d’exploration, Omnicane y transpose son modèle d’économie circulaire, liant terroir et innovation pour répondre à la soif mondiale de spiritueux à la fois authentiques et responsables.

Au lever du jour, dans le sud de l’île Maurice, un parfum sucré s’élève de la distillerie, et les machines bourdonnent, nourries par la matière qu’elles transforment. Avant les années 2000, cette scène n’était réservée qu’à la production de sucre brut, reflet d’une prospérité assurée par les accords préférentiels européens. Mais la disparition de ces garanties en 2006 a bouleversé l’équilibre économique du pays.
Contrainte à se réinventer, l’industrie sucrière s’est engagée dans une transformation profonde, amorçant une diversification vers les biocarburants et des spiritueux aromatiques à plus forte valeur ajoutée. Omnicane est un acteur majeur de l’agro-industrie mauricienne et détient des réserves sucrières dépassant la consommation annuelle de l’île.
Depuis 2007, l’entreprise a mis en place à La Baraque un complexe industriel intégré, fondé sur le principe d’économie circulaire. Ce dispositif prolonge le cycle de la canne en énergie, en bioéthanol, puis désormais en rhum premium : Major Philippe, signature d’un luxe responsable.

Près de 11 000 hectares de canne à sucre en culture
La boucle commence dans les champs. Les variétés cultivées sont la R 579 (canne rouge), la R 573, la R 575, la M 1400/86 et la M 1176/77 (originaire de la Réunion et Maurice donc), des variétés bien adaptées aux sols volcaniques et au climat du sud de l’île.
Sur 2250 hectares appartenant à Omnicane et avec l’appui de 8 856 hectares de planteurs partenaires en 2024, la campagne de coupe de la canne à sucre s’organise de juillet à début décembre selon les variétés précoces et tardives, afin de capter le pic de saccharose. Pour limiter le stress hydrique, l’irrigation par pivot central est déployée de façon ciblée.

Il s’agit d’un dispositif d’arrosage rotatif automatisé : un bras métallique monté sur roues bouge et tourne lentement autour d’un point fixe pour irriguer les parcelles de manière uniforme. Omnicane en exploite actuellement trois unités à Britannia et huit à Mon Trésor.
La fertilité des sols est entretenue par des apports d’amendements organiques d’origine animale, comme la litière avicole, mais aussi des coproduits issus de la transformation de la canne, comme les cendres de bagasse et les résidus de distillation concentrés (CMS, Concentrated Molasses Stillage) provenant de la production de rhum, tandis que les pailles de canne sont laissées au champ pour préserver l’humidité, enrichir la matière organique et freiner la pousse des adventices.

Le contrôle de l’érosion repose sur ce paillage et sur des lignes de plantation perpendiculaires à la pente. La fertilisation est modulée selon le potentiel de chaque parcelle, avec en moyenne 1,2 kg d’azote et 1,2 kg de potassium par tonne de cannes, conformément aux recommandations du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI).
L’usage d’herbicides est limité au strict nécessaire et les insecticides restent rares, grâce à la lutte intégrée et aux méthodes biologiques. Cette discipline agronomique, rigoureuse, mais pragmatique, vise des rendements réguliers, des sols vivants et une canne de qualité. C’est la base d’un développement durable qui se mesure plus qu’il ne s’affiche.
1⁄4 de la production énergétique de l’île
Dans la sucrerie, la canne est transformée en sucre brut qui est ensuite raffiné. La mélasse issue de ces étapes alimente la distillerie, et la bagasse devient la principale source d’énergie du site.
Cette énergie, produite par la centrale de cogénération de 90 MW à La Baraque, fournit vapeur et électricité à l’ensemble du complexe — sucrerie, raffinerie et distillerie. Avec sa centrale de 35 MW à Saint-Aubin, Omnicane injecte environ un quart de la production nationale dans le réseau électrique mauricien.
En période d’interculture, le charbon prend le relais, mais le groupe amorce une transition vers la biomasse, appuyée par la Société financière internationale (IFC), pour réduire progressivement la part de combustibles fossiles. Même les cendres résiduelles de la combustion sont valorisées : alors que les cendres de bagasse retournent aux champs comme amendement, les cendres de charbon entrent dans la composition de ciments destinés à l’industrie du bâtiment.
Dans la distillerie, la mélasse est fermentée pour produire bioéthanol, alcool neutre ou rhum. Le dioxyde de carbone libéré lors de la fermentation est capté et revendu à l’industrie des boissons gazeuses et à des applications médicales.
La vinasse, effluent de distillation riche en minéraux organiques, est concentrée en CMS et renvoyée aux champs sous forme d’engrais liquide, bouclant ainsi le cycle entre industrie et agriculture. Ce circuit fermé permet à la canne de fournir non seulement du sucre et du rhum, mais aussi l’énergie et les nutriments nécessaires à sa régénération.
À la pointe de l’innovation
L’innovation s’étend désormais au-delà de l’énergie : en 2023, Omnicane a inauguré dans sa sucrerie une unité d’extraction d’antioxydants naturels de la canne, destinés à la fabrication de sucres à faible indice glycémique, de compléments alimentaires et de cosmétiques.
Dans l’atelier de distillation, la colonne dédiée au rhum se dresse au-dessus de celles destinées à l’éthanol. Cette configuration illustre la continuité entre les différents savoir-faire de l’entreprise : du sucre à l’alcool, et désormais au rhum. La colonne, équipée de plateaux additionnels, a été conçue pour permettre un travail plus fin sur les composés aromatiques, sans rompre avec la logique d’intégration du site.
Ici, chaque étage du processus trouve sa place dans une même architecture industrielle. Chaque flux — vapeur, cendres, CO2 ou sous-produits organiques — trouve ainsi une seconde vie. L’ensemble compose un écosystème industriel cohérent où efficience énergétique, réduction des déchets et diversification des produits se renforcent mutuellement.
Sur la côte sud de Maurice, là où la roche volcanique rejoint les champs de canne, une distillerie d’un nouveau genre bourdonne : ici, l’avenir du rhum se nourrit de ses propres résidus.
Le développement durable au service du rhum premium
Aujourd’hui la demande mondiale de rhums de qualité ne cesse de croître, et les consommateurs recherchent des spiritueux dotés d’une authenticité et d’un héritage durable. «Nous répondons à ces attentes grâce à une culture durable de la canne et une distillation économe en énergie, explique Jacques M. d’Unienville, directeur général d’Omnicane, avec ambition. Major Philippe vise à s’imposer comme un leader de la production de rhums écoresponsables tout en mettant en lumière Maurice comme nouvelle destination du rhum premium .»
Bertrand Thévenau, directeur général des activités immobilières, de la distribution et des marques d’Omnicane, ajoute, « L’ île Maurice est reconnue pour produire l’une des meilleures cannes à sucre au monde, avec un rendement moyen de 12 tonnes de sucre par hectare contre 9,5 tonnes en moyenne mondiale. Nos spiritueux premium et durables, issus de terroirs distinctifs, sont pleinement armés pour rivaliser dans les plus hauts segments du marché international des spiritueux. »



