
Juda, pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous avez découvert au le rhum du Mexique ?
Je viens de Boulder au Colorado, aux États-Unis. Je suis marié à une Mexicaine et mon beau-père produit du Mezcal, et c’est comme ça que je me suis intéressé aux spiritueux mexicains. Concernant le rhum, à part Bacardí, je n’ai pas l’impression que le rhum soit vraiment populaire au Mexique.
Cependant ma première interaction avec le rhum au Mexique, c’était avec des gens qui buvaient l’aguardiente sur la plage où je vivais. C’était terrible, un véritable poison! Mon image du rhum mexicain est restée celle-là pendant plusieurs années jusqu’à ce que je prenne un autostoppeur, qui, par hasard m’a fait goûter une excellente aguardiente mexicaine.
Je l’ai déposé, et j’ai gardé des samples, que j’ai ensuite envoyés à des experts internationaux du rhum pour avoir des conseils. Tous m’ont répondu que c’était trop bizarre. En 2015 j’ai eu l’occasion de faire goûter cette fameuse aguardiente à Luca Gargano qui importait Vago.
Luca a adoré et je me suis dit qu’il fallait que je retrouve cette distillerie, ou au moins du bon rhum mexicain. Et j’ai passé des mois à conduire dans la Sierra Norte et la Sierra Mazateca qui sont montagnes denses et humides.
Un vrai voyage initiatique !
Oui je voulais comprendre comment on faisait le rhum au Mexique Je suis passé par des centaines de trapiche (distilleries artisanales). Et finalement, après beaucoup de déconvenues, j’ai trouvé un très beau rhum au fin fond de la Sierra Norte que j’aimais. Paranubes! On s’est associé à José-Luis Carrera et on a commencé à exporter son rhum.
Comment se porte Paranubes aujourd’hui ?
Ça va bien, mais ce n’est pas une entreprise qui nous fait gagner de l’argent. En fait les bénéfices servent à faire vivre toute une communauté sur place. C’est un grand succès pour José- Luis car, quand je l’ai rencontré, il était au plus bas.
Il faisait un rhum incroyable dans un endroit très reculé et il n’avait aucune reconnaissance. Les gens, même les membres de sa famille, préféraient partir à la ville plutôt que de travailler dans l’aguardiente locale. Maintenant tout a changé, tout le monde est revenu et il emploie tout son village!
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