Santa Teresa 1796, magnificence de l’excellence

Par Nicolas Bourdais d’après Alexandre Vingtier et à la façon de Miguel Bonnefoy

C’est à une centaine de kilomètres de Caracas, dans la Vallée d’Aragua, connue pour l’abondance et la qualité de ses cannes, qu’a été bâtie en 1796, à 535 mètres d’altitude, l’Hacienda Santa Teresa.

Santa Teresa 1796Tout autour de l’Hacienda, les palmiers d’abord, puis les montagnes derrière, ferment l’horizon. L’illimité des paysages de la région ne se retrouve dès lors que vers le haut, dans ce ciel clair et bleu le plus souvent exempt du tamis des nuages, qui ne s’amoncellent guère qu’à l’occasion de pluies dont la fureur peut faire croire arrivé le Déluge.

Ce site confiné à un vaste cirque, à la fois fermé et isolé, aurait pu devenir lieu de naufrage et de désespérance. Mais la production de rhum lancée en 1896, un an après le rachat de l’Hacienda par Gustav Julius Vollmer Ribas, dont les descendants sont toujours propriétaires, en fit un lieu de vie et d’excellence.


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Car l’Hacienda, profitant de l’extrême qualité des cannes, de l’eau pure des montagnes, de tout ce qui la précédait sut faire un commencement — créant ainsi un rhum de vérité : expression si fidèle de sa terre native, qu’il acquiert par là même l’éloquence d’un poème.

SANTA TERESA 1796 SOLERA RUM – 40%

Nez : fin et d’une rare complexité, il vous emporte dans un désordre de senteurs, commençant par les douceurs de miel d’un premier baiser, pour ensuite égrener, du caramel toffee au cacao, le catalogue des plus fines gourmandises. À cette structure s’ajoutent alors les orfèvreries de la banane séchée et de la noix, aux émanations plus excitantes encore que des caresses ; tandis qu’une lumière vanillée d’avant-nuit, déclinante, peu à peu s’estompe dans les rêveuses senteurs d’un tabac blond anglais.

Bouche : onctueuse, elle est si riche qu’elle en devient sans parole, déposant sur la langue un paysage liquide où la suavité du miel et du sirop de canne précède le panorama ensoleillé et torréfié du biscuit au chocolat et du café moka. Puis vient le surgissement, semblable à un envol de colibris, de la vanille, voltigeante parmi l’aromatique boisé des chênes… aux pieds desquels le courant apaisé de la noix de coco déborde soudain d’une crue de fruits tropicaux.

Finale : En dépit du faible degré d’alcool, la finale se prolonge, inaltérable et sèche comme un marbre indifférent au Temps, pour revenir sur ses pas de fruits secs, de vanille et de chêne avec cette nostalgie d’ordinaire réservée aux grandes passions amoureuses.


Rumporter Magazine Septembre 2019

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