Rhums de demain : Novo Fogo, feu nouveau au Brésil

Novo Fogo se traduit littéralement par « le feu nouveau ». De bien des manières, le choix de ce nom reflète le projet mis en œuvre par Dragos Axinte, son créateur. Car, face à la catastrophe environnementale qui s’annonce, il y a ceux qui parlent sur les réseaux sociaux et ceux qui agissent.

Dragos, quadragénaire originaire de Roumanie, pur produit du rêve américain, fait assurément partie de la deuxième catégorie. Sa personne et son projet peuvent non seulement servir de modèle dans le domaine environnemental mais aussi booster la notoriété de la cachaça, cet alcool de canne finalement méconnu en dehors du Brésil. Entretien avec Dragos Axinte, fondateur de Novo Fogo Cachaça.

Novo Fogo

Cyrille Hugon : Dragos, vous êtes le patron et le fondateur de Novo Fogo. Pouvez-vous nous dire rapidement ce qui vous a amené au Brésil et à ce projet lié à la cachaça ?

Dragos Axinte : Je suis né en Roumanie mais je suis devenu fan de Pelé et du football brésilien lorsque j’avais 8 ans. Cela m’a conduit à décider qu’un jour j’irai au Brésil pour visiter ce pays magique. Après l’arrivée de ma famille aux Etats-Unis en 1991, nous sommes devenus des entrepreneurs et, en 2005, j’ai dû me rendre pour affaires à Porto Alegre, au sud du Brésil.

C’est pendant les deux jours merveilleux que j’ai passés là-bas que je suis tombé amoureux et des Brésiliens et de la cachaça. Au cours des quelques années qui ont suivi, j’ai pu observer les difficultés qu’avait la cachaça à s’établir aux Etats-Unis et j’ai fini par décider de m’impliquer. Il y avait pléthore de bonnes cachaças au Brésil et, pourtant, on en trouvait très peu au nord de l’équateur. J’ai la fibre entrepreneuriale et j’y ai donc vu une opportunité à saisir, ce qui m’a conduit à créer la marque Novo Fogo.

Le lancement a eu lieu en 2010 à Seattle, la ville où j’ai grandi, dans l’Etat de Washington (ndlr, côte Pacifique).

CH : Commençons par les aspects environnementaux du projet. Vous déclarez que vos produits sont bio et qu’ils ont en outre une empreinte carbone négative. C’est quelque chose qui est très rare dans notre secteur ; la plupart des producteurs de rhum insistant même sur les difficultés auxquelles on se heurte quand on fait de la culture bio dans les tropiques. Comment avez-vous surmonté ces obstacles ?

DA : La clé, c’est l’environnement dans lequel vous évoluez, c’est pourquoi on ne peut pas apporter de réponse universelle à cette question. D’abord, nous produisons en bio parce que nous respectons nos employés et notre terre. Nous cultivons notre canne sur notre propre plantation, tout près de la côte atlantique, dans les montagnes, au milieu de la forêt tropicale, où l’air est très pur. Notre terroir est typique de la région de MorretesNovo Fogodans l’Etat du Paraná : sel de mer, bananes, fleurs de limettier, fleurs de la forêt tropicale et ses herbes. 

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Share This