« Le rhum, c’est une partie de dominos dans le village de pêcheurs d’ Οιstins, un verre avec un pêcheur du coin » – entretien avec Nikos Arvanitis

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Bonjour Nikos. Comment vas-tu ?

Bonjour. Écoute, je suis toujours sous les tropiques, aux Caraïbes. Donc je vais super bien, merci.

Nikos ArvanitisPeux-tu te présenter auprès de nos lecteurs ? Parle-nous de toi.

Je viens de Grèce, comme tu dois le savoir, hé hé. Ça fait 11-12 ans que je suis barman. J’adore voyager, la vie nomade. J’aime la musique black et la culture afro-caribéenne. J’adore les Daiquiris et le Mai Tai en grandes quantités. Tu vois, j’ai fait la connaissance du rhum il y a quelques années, et depuis c’est ma grande passion.

On t’appelle souvent le rasta blanc. Quelle est la signification du mode de vie rastafari pour toi ?

D’abord, il n’y a pas de rasta noir ou de rasta blanc, il y a juste un rasta. Pas besoin de dreadlocks pour être rasta, ce n’est pas une histoire de chevelure. Comme le dit la chanson, c’est une conception divine du cœur. Être rasta, c’est vivre dans l’unité, la paix et l’amour. J’aime la simplicité et la nature. Les rastafaris m’aident énormément dans mes voyages dans les Caraïbes. Ils équilibrent ma vie et ma personnalité.

Nikos ArvanitisTu vis aujourd’hui dans en Barbade, mais il semble que tu n’arrêtes pas de voyager. Qu’est-ce que tu cherches ? Quel est ton but ?

Oui, la Barbade est ma base d’opérations, et je visite régulièrement les autres îles des Caraïbes. Le but de ma vie est de visiter toutes les distilleries de rhum de la région, et je pense que j’en suis proche puisque j’ai déjà vu plus de 40 d’entre elles et 23 îles. Tout cela vient évidemment de mon grand amour pour ce fantastique spiritueux, amour qui n’a pas arrêté de grandir au fur et à mesure que j’apprenais son passé. L’esclavage, les pirates, la marine britannique, tout cela. C’est bien de savoir, mais c’est encore mieux de comprendre et c’est pour ça que je suis là. Après avoir beaucoup voyagé et lu, fréquenté des master class et des festivals, j’ai appris que pour vraiment comprendre, il faut connaître les origines. J’ai donc décidé il y a trois ans de venir ici alors que je n’avais ni plan ni argent, pour vivre avec mon spiritueux favori et les gens qui l’entourent et pour faire partie de leur culture, qui est très différente des photos dans les agences de voyages. Beaucoup de choses formidables se sont passées depuis, et sont sans doute toujours en train de se passer. Par exemple, la méthode de production traditionnelle de rhum a un avenir plus prometteur. Le patrimoine du rhum, c’est la distillation discontinue (en « batch ») et la distillation continue traditionnelle en colonnes artisanales simples ou doubles. C’est le patrimoine des Caraïbes en général. Et ce patrimoine est en danger à cause de toutes les distilleries et entreprises qui remplacent la distillation traditionnelle par des usines de distillerie à multiples colonnes. Les alambics à colonnes doubles traditionnelles constituent l’espèce la plus en voie de disparition dans le monde des spiritueux.

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