Dean Oxenham : « Je trouve que l’Ile Maurice a gagné en reconnaissance »

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Rencontre avec Dean Oxenham de la maison du même nom. 

Cyrille Hugon : Nous sommes venus vous rencontrer à l’île Maurice il y a 5 ans déjà. Peux-tu nous faire une mise à jour sur l’évolution des rhums mauriciens depuis ces 5 ans : mise en place d’un cahier des charges communs ? Percées commerciales significatives, etc ?

Dean Oxenham : Cinq ans passent vite … Je trouve qu’en 5 ans le rhum mauricien a fait un bon bout de chemin. Nous (mes confrères et Oxenham) avons tous continué à développer nos activités, investissements, nouvelles cuvées, etc… Je remarque aussi une demande grandissante pour du Vrac mauricien, et surtout du vieux rhum. Le rhum de l’ile Maurice a de l’intérêt. Le cahier des charges est surtout une entente commune entre les 6 distilleries et son regroupement sous la bannière « Rum Producers associations Mauritius ». Ces quelques pages contiennent, ce que nous définissons comme un Rhum Mauricien, les mentions d’âge, entre autres. Ça reste « petit » mais c’est un début. Les percées commerciales significatives ? Elles ont une signification différente pour chacun. Mais, je trouve que nous avons gagné en reconnaissance, que l’île Maurice s’est faite une place dans le monde du rhum. Pour Oxenham, la percée commerciale significative s’est faite cette année sur l’Europe et le Japon.

C.H. : Quand nous vous avions rencontré, vous étiez en phase de tests avec une micro-distillerie artisanale, comment évolue votre projet ?

D. O. : Le projet évolue très bien ! Lors de votre venue, nous avions tout juste terminé d’installer les nouvelles colonnes annexes aux alambics. Aujourd’hui, on (Ludovic mon cousin et son assistant) maitrise très bien cet outil et on produit de belles eaux-de-vie.

C.H. : Quelles sont les directions que vous suivez ? J’ai cru comprendre que vous vous concentriez sur les rhums de mélasse. Pourquoi ce choix ?

D. O. : On a une volonté de travailler la mélasse ainsi que le jus de canne (vesou). Cependant le rhum de mélasse sous la marque Bougainville est notre principal moteur aujourd’hui. La mélasse est disponible d’une façon continue et nous permet d’opérer toute l’année et surtout hors saison de coupe de canne. On trouve aussi que la mélasse, si elle est bien travaillée avec une bonne conduite de fermentation et de distillation, donne un beau produit aromatique et goûteux.

Pour ce qui est du rhum de pur jus de canne, on en produit de façon annuelle depuis 2014 sauf que l’on ne l’a pas encore mis sur le marché, ce qui ne devrait pas tarder.

C.H. : Votre capacité de stockage augmente substantiellement, pouvez-vous nous en dire plus ? 

D. O. : Oui, en 2014 nous avons défini un plan d’élevage que nous avons mis à exécution, notre petit chai (120 fûts) arrive à saturation et nous allons donc construire un nouveau chai qui devrait voir le jour début 2019.

C.H. : Fermentations longues ? Pourquoi ce choix ?

D. O. : Tout d’abord il faut dire qu’avec nos activités dans le vin, mes deux oncles et leurs fils respectifs qui sont tous des oenologues/winemakers diplômés, ont une connaissance des fermentations approfondie. Grâce à cela, ils ont fait des essais et nous sommes arrivés à la conclusion que les fermentations longues à basse température sont celles qui nous donnent les résultats organoleptiques qu’on préfère.

C.H. : Vos vieillissements se font exclusivement en fûts ayant contenu des vins mutés (PX, Oloroso, etc). Pourquoi ce choix et comment vous procurez-vous les fûts ?

D. O. : Comme vous le savez nous avons une activité de négoce sur l’île, avec des importations de beaucoup d’origines dont des vins d’Espagne et des whiskies. Les marques de whisky avec lesquelles nous travaillons (dont mon père est fan) utilisent ce genre de fûts. On a donc fait jouer le réseau. Cela dit avec l’expérience, nous voyons les limites de ces fûts et allons bientôt essayer d’autres routes.

C.H. : La nouvelle gamme Bougainville sort en septembre avec un nouveau distributeur en France hexagonale, peux-tu nous en parler ?

D. O. : Effectivement la nouvelle gamme Bougainville est disponible par le biais de notre distributeur la Société Giffard et sera accessible dans le réseau CHR.  Cette nouvelle gamme a été revue avec un packaging plus en ligne avec les besoins du CHR. Ainsi, on sort de la bouteille effilée de 500 ml, pour passer à une bouteille plus traditionnelle en 700ml, qui convient aux besoins de ce marché.  Nous en avons profité pour décliner la marque Bougainville en deux gammes. La première,  Rum Bougainville, regroupe des purs rhums soit le Bougainville blanc et les nouvelles références : Gold (1 ans d’élevage en fut), VSOP et XO ; la seconde, Spirit of Bougainville, regroupe, elle, des rhums aromatisés et ou arrangés, tels que le Bougainville Vieux Domaine (un spiced rum), Bougainville Vanille et le Bougainville Lemongrass.

Sur les rhums vieux, nous n’avons que de très petites quantités avec une mise en bouteille annuelle limitée à 6 000 bouteilles de Gold, 2 500 bouteilles en VSOP et 1 000 Bouteilles de XO. On pourra augmenter les disponibilités d’année en année quand les rhums arriveront à maturité.

C.H. : Dernière question : on va parler prochainement dans nos colonnes de la navigation à la voile pour le transport de rhum, est ce qu’une telle aventure ne pourrait pas être tenté depuis l’île Maurice pour renouer avec l’histoire navale si riche de votre île ? 

D. O. : C’est un beau projet qui se fait déjà avec d’autres rhums depuis les Caraïbes. Le faire depuis l’île Maurice, pourquoi pas, le voyage prendra plus de temps.

 

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