Décret de 1921: réalité et fantasmes – Eclairage de Nicolas Legendre.

Dernièrement, l’info qu’une modification d’un décret ourdi dans l’ombre des officines parlementaires par des lobbies aux intérêts divers et variés (…) a soulevé une vague d’inquiétude chez certains producteurs et distributeurs de rhum. Comme souvent dans ces cas là, nous nous tournons vers Nicolas Legendre, qui est un lobbyiste sérieux, certes, mais surtout un connaisseur précis des textes de loi. 

Nicolas Legendre

Nicolas, peux tu nous parler du décret récent qui a fait fantasmer pas mal le petit monde du rhum ?

Voici ma réponse, la même que j’ai faite à tous ceux paniqués qui m’ont appelé croyant être prochainement interdits de marché. Le décret de 1921 qui a toujours été en vigueur, ce depuis 1921, vient d’être en effet modifié pour répondre principalement aux problématiques posées par l’enregistrement des boissons spiritueuses en indication géographique : le règlement 110/2008.

Sans présumer d’analyses ou de « fantasmes » des blogueurs, artistes ou autres gourous, il s’agit d’être précis : un, les taux d’obscuration fixés par le décret de 1921 n’ont pas été modifiés, et deux, ce décret ne s’applique qu’aux rhums sous indication géographique ce qui n’est pas le cas des rhums importés (voir annexe 4 du règlement 110/2008).

Cette analyse est partagée par notre ODG dans son ensemble. En effet nous avons été consultés pour faire évoluer ce décret, et il nous a bien été précisé par la DGCCRF qu’il ne s’appliquait qu’en France pour les IG et AOC françaises.

Nous avons simplement, en collaboration avec la DGCCRF, précisé les mentions de vieillissement afin de pouvoir construire des argumentaires commerciaux étayés sur ce point.

Est ce que le monde du rhum négocie en ce moment autour des règles du rhum ?

Je te confirme en revanche que des discussions sont toujours en cours concernant une limitation générale à 20 g/litre sur les rhums, qui s’appliquerait cette fois au niveau du règlement 110/2008, mais cela n’a pas été entériné à ce jour.

Je te confirme également que conformément au précédent billet d’humeur d’Hervé Damoiseau dans Rumporter, nous préfèrons communiquer sur la spécificité de nos rhums plutôt que combattre l’entrée de rhums pays tiers car on ne va pas contre le sens de l’histoire.

Je te suggère de partager ces informations ainsi que les documents joints, qui sont publics. Même s’ils apparaissent arides, tout est dit et je ne vois pas pourquoi il y a des fantasmes…

Sur le même thème, retrouvez aussi l’interview de Nicolas Legendre publiée en mars 2016 : « Réguler l’édulcoration. »

Consulter l’intégralité du décret & le règlement du parlement européen et du conseil concernant la définition, la désignation, la présentation, l’étiquetage et la protection des indications géographiques des boissons spiritueuses.

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