Le Guide Hachette des Rhums : Christine Lambert nous présente le second batch !

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Moins d’un an après sa sortie, le Guide Hachette des Rhums est de retour et c’est une version plus musclée qui est proposée.  Pas moins de 550 références, 150 marques et distilleries, 80 coups de coeur que nous présente Christine Lambert.

Guide Hachette du Rhum

Adrien Bonetto : As-tu les chiffres de vente du premier opus et quels sont les retours que tu as eu des lecteurs ?

Christine Lambert : Nope, pas demandé les chiffres. Mais comme Hachette, qui n’est pas une boîte philanthropique, m’a demandé dès le début 2018, trois mois après la sortie du livre, s’il y avait matière à sortir une nouvelle édition augmentée (réponse : oh que oui !) à la rentrée suivante, je me dis que ça a dû se vendre un peu. Les retours ont été formidables, et nombreux, j’ai eu le sentiment que les lecteurs s’appropriaient le bouquin. Cela m’a donné l’occasion d’échanger avec des gens passionnés, dont certains m’ont fait des critiques très constructives – et je les en remercie encore.

AB : Quelles sont les nouveautés de cette édition ? 

CL : Plus de 200 rhums supplémentaires, d’abord. Des nouveautés arrivées sur le marché depuis la première édition, mais aussi des fonds de gammes permanentes que je n’avais pas eu le temps ou l’occasion de (re)goûter dans de bonnes conditions.

Pas mal de nouvelles marques ou distilleries (Distillerie de Taha’a, Manutea, Emperor, Le Rocher, Cihuatan, Roble, Pixan, Paranubes, Old Manada, La Part des anges, William Hinton, j’en passe…), le Mexique et Madère font leur entrée dans le Guide. Et quelques embouteilleurs indépendants en plus (Cane Island, La Maison du rhum, SBS, la SMWS), sans oublier 20 coups de cœur en rab – quand on aime, on ne compte pas.

J’ai également fait le tri parmi les blogs, les adresses, actualisé les chiffres du marché, revu certains points de loi : pas de pot, le livre sortait au milieu d’une révision législative européenne, et même si les grandes lignes étaient a priori actées, je ne pouvais pas prendre le risque de l’imprimer avant le vote (j’ai bossé dans des journaux qui ont successivement annoncé en une la qualification des Bleus au Mondial de foot 1993 juste avant France-Bulgarie, et la victoire de la droite après la dissolution de l’Assemblée par Chirac en 1997 : cela laisse des traces profondes).
Guide Hachette des RhumsBref, revenons à nos moutons, je tenais à ce que l’amoureux du rhum qui avait acheté le premier Guide en ait vraiment pour son argent s’il craquait pour la seconde édition.

AB : Plus de 200 nouveaux rhums, donc 200 nouvelles dégustations ! Quels sont les nouveaux rhums qui t’ont le plus marqué ?

CL : Ben oui, ma fois (mon foie…), mais je t’avais prévenu qu’on passerait à 500 rhums dès l’édition suivante – y en avait un peu plus, je l’ai mis quand même. Les nouveautés qui m’ont collé des cœurs dans les mirettes? Le premier parcellaire de HSE, la Guildive 1800 de Ferroni, le clairin Le Rocher – le niveau des rhums blancs est quand même impressionnant. Ensuite, les Long Pond Extrême de Plantation, le Last Ward 2009 d’Habitation Velier, les derniers millésimes La Tour de l’or de Chantal Comte. Et puis La Favorite 2009, Depaz 2000… Je ne vais pas tout citer, mais au risque de me répéter, la haute qualité des rhums agricoles des DOM est quand même bluffante. On fait comme si c’était normal, mais quand tu en étalonnes plus de 200 sur une période rapprochée, tu réalises que c’est exceptionnel.

AB : 70 références sont passées à la trappe pour reprendre ton expression : pour quelle(s) raison(s) ? 

CL : Epuisés, ou devenus trop confidentiels. Je rappelle la règle de base des Guides Hachette : les bouteilles commentées doivent être assez largement disponibles – à de rares exceptions près, sinon on ne traiterait pas les négociants.

AB : Pourquoi ne pas garder des références « disparues » pour le « devoir de mémoire » et faire une sorte de « consigne des rhums » à travers le temps ?

CL : Parce que Hachette était OK pour ajouter un cahier au livre, mais pas pour le tripler d’épaisseur ! Avec les 2 tomes, on couvre déjà un champ « mémoriel » large, non ?

AB : Que penses-tu de la spéculation dans le Rhum ?

CL : Je ne sais pas si l’on peut en « penser quelque chose », dans la mesure où elle est devenue inévitable, elle avance avec la premiumisation du rhum, avec la valeur symbolique ou réelle qu’on est désormais prêts à lui accorder : ça n’a échappé à personne qu’on ne spécule pas sur la vodka.

C’est un phénomène qui devrait nous interroger, car pour ce que j’en vois autour de moi, ceux qui râlent le plus contre le phénomène et la flambée des prix auquel ils contribuent grandement sont les premiers à acheter leurs éditions limitées par 2 (ou par caisses, selon leur compte en banque), avec intention de culbuter dessus pour acheter les bouteilles suivantes. On n’est jamais à une contradiction près : on s’émeut du sort de la planète et du réchauffement climatique, mais on est prêt à enfiler son gilet jaune (ou son bonnet rouge) dès que le bien commun menace nos intérêts personnels. On gueule contre la montée des prix du rhum, mais on colle ses Caroni aux enchères six mois à peine après leur achat.

AB : Les chiffres du marché ont été actualisés, comment se porte-t-il ? 

CL : Extraordinairement bien ! Maintenant, pour nuancer, ça dépend depuis quelle fenêtre on regarde. Le marché mondial est légèrement orienté à la baisse côté volumes, mais il monte en gamme, puisque entre 2016 et 2017 il grimpe encore de 18,5% en valeur. Le marché français, lui, progresse de toutes parts : +8,9% en volumes, +13,8% en valeur. C’est phénoménal. Maintenant, il faut raison garder, et quand je lis ici où là que le rhum va remplacer le whisky dans nos verres, j’ai envie de répondre : peut-être, mais pas demain. Ni après-demain. En 2017, le rhum c’est 35 millions de litres éclusés en France, et le whisky… 120 millions.

AB : Quelles sont tes nouvelles bonnes adresses ?

CL : Le carnet d’adresses n’est pas le point fort de mon Guide (tiens, ça s’appelle se tirer une balle dans le pied), car le principe d’Hachette, c’est de focaliser sur Paris. Or, je suis épatée par le nombre de boutiques dédiées ou de cavistes qui développent de beaux rayons rhum partout à travers la France, parfois dans de petites villes. Cela témoigne bien de la vitalité de ce spiritueux. Autre phénomène, que je ne traite pas non plus dans le guide (tiens, je vise l’autre pied, pas de jaloux) : le nombre croissants de bars à rhum. Il y a encore trois ans seulement, même à Paris, tu avais le choix entre 3 adresses, et aujourd’hui, tu te demandes par où commencer la tournée. Ô joie.

AB : Où achètes-tu ton rhum ? 

CL : C’est comme si tu demandais à un esquimau où il achète sa glace… J’ai la chance de recevoir beaucoup d’échantillons pour mon boulot, ce qui il y a encore quelques années ne m’empêchait pas d’acheter beaucoup de spiritueux. Mais de plus en plus, je me rends compte qu’avoir l’occasion de les goûter au moins une fois suffit à mon bonheur.

AB : Une actualisation de prévue l’année prochaine ? 

CL : Non plus.

AB : Comme tu es fan, un gif pour conclure cette interview ? 🙂 

CL :

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