Dégustation du Courcelles 1972 : le principe de fin (2)

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Il n’y a pas de coïncidence, il n’y a que des chemins de vie. Ceux qui se construisent en avançant, menant à la croisée de l’expérience humaine et parfois … d’un trésor caché.

Celui qui me mène à Pfaffenhoffen, au pourtour du Ringeldorf alsacien, semble a priori assez éloigné des rivages guadeloupéens, si n’est le passé de surfeur du personnage-clé qui vient à ma rencontre. On se trouve là où la route amorce sa descente vers la vallée, à l’exact endroit où les eaux de la Rothbach se divisent en deux. Il y a là un moulin : celui de la Hardt et … Jean Metzger : Maître-éleveur des whiskies Uberach, dont le dynamisme est tout entier lié à son envie de partager. La rareté des raretés c’est lui qui la détient : un Courcelles RhumHouse, un embouteilleur indépendant suisse spécialisé dans les flacons historiques. C’est la mise rarissime : celle à 58%, jamais rencontrée. Distillé en 1972, ce rhum a été mis en fût en janvier 1973 et embouteillé, 35 ans plus tard : en septembre 2008.

Du Bas-Rhin à Grande-Terre, nous revoilà donc de retour à Saint-Anne. L’histoire est classique : mais tout cela a déjà été développé. La distillerie du Domaine de Courcelles disparaît en 1964, Amédée Huyghes-Despointes s’occupe du transfert des chais et de l’alambic à Sainte-Marthe et produira le rhum Courcelles de Sainte-Marthe jusqu’en 1972. Le rhum sous étude est ainsi le dernier Courcelles produit : la dernière pièce d’une histoire mouvementée qu’il convint maintenant de finaliser.


DÉGUSTATION DU COURCELLES 1948 : LE PRINCIPE DE FIN


Ce rhum, d’une grande complexité, a nécessité de nombreuses dégustations en Alsace avec Jean Metzger puis à Paris, avec Alexandre Vingtier, pour en faire l’analyse circonstanciée. Nous sommes là sûrement en présence de la version la plus exceptionnelle de l’ensemble des 1972 embouteillés et, sans doute, du meilleur des rhums Courcelles connus à ce stade.

Domaine de Courcelles Millésime 1972, 35 YO RhumHouse Winterthur 58%

Nez : immédiatement envoûtant. La mélasse bien fondue fait ses premières gammes avec l’ananas confit, les effluves d’un pot-pourri et le caramel noir. L’orange amère signale ensuite sa présente ainsi que les habituelles notes de confiseries ‘Car en Sac’ des différentes versions de 1972. Puis la mélasse devient très fumée : cette version est beaucoup plus phénolique que la version à 54% du même millésime.

Bouche : d’une grande complexité. Un premier mouvement sur la banane flambée, le kouglof glacé avec ses raisins au marc de Gewürztraminer (Metzger), suivi de près par les bois précieux (palissandre, amarante, camphrier). La crème de marron, à l’instar de la version 1948 est également à l’orchestration. Cette version est ample, bien moins anisée que la version à 47% du millésime 1972 ou celle à 42% de Velier. Les fruits se mêlent maintenant au mouvement : eau-de-vie de quetsche, nectarine jaune et nèfle. Une pointe de cannelle renforce le tout. Là où les autres versions s’arrêtent aux notes de ‘Car en Sac’, celle-ci offre des touches pétrolifères qui viennent lui donner de la longueur, sans être omniprésentes. Une légère touche métallique parcourt l’ensemble.

Finale : très longue, elle confirme la bouche. La quetsche revient, adoucie par la pomme d’amour et le bonbon ‘batna’, la cape d’un havane et la confiture de mûre. Le reste appartient au silence.

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