10 ans de La Compagnie du Rhum : Trois cuvées pour l’évènement

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La Compagnie du Rhum, une institution dans le paysage martiniquais, fête ses 10 ans ! Pour cette occasion, Philippe de Pompignan nous dévoile trois cuvées spéciales « La Compagnie du Rhum ». 

La Compagnie du Rhum - Philippe de Pompignan

Rumporter : La Compagnie du Rhum a 10 ans, qu’est-ce que cela vous évoque ? 

Philippe de Pompignan : Cela m’évoque un parcours long et passionnant, où chaque jour apportait son lot de joies et d’aventures, comme dans tout projet créatif collectif. Joies pour ce qui est de l’évolution de l’univers du rhum, et la découverte de créations extraordinaires. Nous avons la chance de vivre un nouvel « âge d’or » de ce spiritueux venu des tropiques. L’aventure étant le quotidien de tout créateur d’entreprise qui doit sans cesse apprendre et se réinventer.

Rumporter : Qu’avez-vous prévu pour cette occasion ? 

PdP : Pour célébrer cette étape, nous avons voulu revenir aux sources de notre passion : le Rhum (agricole) authentique, vrai, élaboré dans un esprit artisanal/familial, traçable jusqu’au fût, jusqu’à la parcelle de canne pour offrir plus qu’un simple moment de dégustation, mais un voyage dans le temps, dans les îles qui ont fait naître ce spiritueux.

Pour cela, Marika et moi-même avons sélectionné pour nos clients, il y a plus d’un an, trois cuvées de rhum de trois Maisons emblématiques qui ont chacune été embouteillées à 200 exemplaires numérotés.

Rumporter : Pourquoi avoir sélectionné ces trois maisons pour vos cuvées (Bielle, A1710 et Clément), pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces nouvelles références ? 

PdP : Pour fêter nos dix ans, nous avons réfléchi aux trois éléments incontournables dans l’élaboration d’un rhum d’exception : le terroir, la distillation et le vieillissement.
Nous avons donc cherché à sélectionner des cuvées qui illustraient à notre sens, le mieux chaque aspect/étape de la production.

Nous avons voulu naturellement mettre la Martinique à l’honneur avec 2 cuvées sur les 3. Et plus particulièrement notre commune du François, qui a la chance de compter deux distilleries de prestige qui sont respectivement à 30 mètres et 300 mètres de notre siège à l’Habitation du Simon. Une jolie symbolique.

Commençons toutefois par Marie-Galante. Pour illustrer l’aspect terroir, Marie-Galante sonne pour nous comme une évidence. J’ai bien connu cette île lors de ma vie en Guadeloupe où je m’évadais, à la moindre occasion, durant ces 8 années. Comment ne pas être envouté par la beauté de cette île dédiée à la canne depuis des siècles ? Ce terroir a été sculpté par la main de l’homme de père en fils. Aujourd’hui encore ce sont les cabrouets qui rentrent la canne à la force des bœufs tirants. Tout ici hume bon la tradition et le savoir-faire.

Nous cherchions ici un rhum brut, dans la continuité de nos cuvées précédentes. C’est donc vers la distillerie Bielle, spécialiste en la matière, que nous avons dévolu notre choix. Lorsque Jérôme Thierry nous a fait goûter un vieux brut de fût du chai numéro 2, notre choix était fait. Lorsqu’il nous a annoncé qu’il s’agissait d’un 2008, année de création de notre Cie, le cadeau était trop beau, nous savions que c’était lui !

La seconde est la distillerie A1710, la plus petite de Martinique et la seule à produire un rhum agricole d’Alambic dans l’île. Les effluves de rhum parviennent jusqu’à notre boutique et nos bureaux, et nous avons le privilège de goûter les distillats en avant-première. Outre le fait que nous avions activement participé au démarrage des activités en 2016, nous sommes particulièrement sensibles au processus très artisanal de cette unité où tout est fait à la main… Cela se ressent forcément dans le verre. Cette distillerie et son majestueux alambic de cuivre illustrent à merveille la magie qui s’opère lors de la distillation.


Les cannes sélectionnées proviennent d’une parcelle chère à la marque, puisque située au lieu dit « Réunion Nord », propriété de la famille du fondateur. Les cannes « roseaux » qui y poussent sont désormais très rares dans le paysage martiniquais et apportent selon moi une très belle tonalité au produit final. Afin de préserver toute la richesse aromatique, nous avons demandé un embouteillage « full proof » sans adjonction d’eau. Seulement une légère réduction « naturelle » en cuve.

La troisième produit : l’incontournable Rhum Clément qui est vieilli dans les chais de l’habitation Clément qui se trouve, elle aussi, à quelques encablures de nous. Ce sont ces chais majestueux qui nous permettent d’illustrer l’étape de vieillissement du rhum, où la maison Clément est passée experte au fil des siècles. Parmi les centaines de fûts, essentiellement ex-Bourbon, c’est un fût français qui a retenu notre attention.


Le chêne français est en effet réputé pour avoir un grain plus fin que le chêne américain et permettre ainsi un affinage plus subtil du distillat. Lors de la dégustation de ce fût la sensation de fraîcheur et de douceur nous a particulièrement séduits. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’on nous a annoncé le degré d’alcool à presque 60° ! A la question de Robert Peronet « Souhaitez-vous que l’on opère une réduction à 45° lors du ouillage, fidèle à la tradition Clément, nous avons répondu spontanément et en chœur « Surtout pas ! »

Rumporter : Dans quels salons/événements pourrons-nous découvrir ces références ?

PdP : Ces rhums seront dévoilés au bar des nouveautés du Rhum Fest Marseille en avant-première. Nous mettons 3 bouteilles de chaque cuvée à la dégustation. 96 bouteilles de chaque cuvée seront ensuite mises en vente le 6 novembre à notre showroom du Simon (Le François, Martinique) et 96 bouteilles de chaque cuvée seront offertes au marché métropolitain via notre site fin novembre.

Nous avons également et modestement produit 3 petits films courts car nous souhaitions entourer ces cuvées d’une histoire. Ainsi nous avons orienté les films, pour Bielle sur le Terroir, pour A1710 sur la distillation et pour Clément sur le vieillissement. Ces petits films seront visibles sur notre page Facebook sous peu.

Rumporter : Qu’est-ce qui a changé, selon vous, dans le milieu du rhum en 10 ans ? 

PdP : Comme je le disais au début, nous vivons un âge d’or pour le rhum. Cet alcool a connu un premier âge d’or au 19ème siècle quand l’Europe découvrait ce nouvel alcool exotique, puis un second lors de la première guerre mondiale où la production de rhum avait fait partie intégrante de l’effort de guerre. Depuis, cet alcool était resté un peu en sommeil, devancé systématiquement par le Whisky sur le marché français. Ce n’est qu’il y a environ 10 ans que le rhum a entamé sa renaissance. C’est un cercle vertueux où la demande pousse les producteurs à faire toujours mieux et où les recettes générées leur permettent d’investir davantage.

Outre la prise de parts de marché sur le Whisky avec la premiumisation des gammes, nous assistons, et c’est une première depuis longtemps, à l’ouverture de nouvelles distilleries dans le monde entier. La distribution connaît également une révolution avec l’apparition de caves en ligne, telles que la nôtre, qui ont permis à tous les amateurs de bénéficier d’une offre extrêmement large, quelle que soit leur localisation.

Rumporter : Selon vous, quelle(s) tendance(s) se détache(nt) ? 

PdP : Plusieurs tendances se détachent.

On assiste notamment à l’apparition de rhums blancs premium. Avant, le rhum blanc était exclusivement réservé aux cocktails. Désormais, des marques comme A1710, Neisson et Longueteau, entre autres, proposent des rhums blancs de dégustation issus de cépages, de parcelles et d’alambics particuliers. L’apparition de rhums blancs Bio confirme également cette tendance.

L’autre tendance forte est l’embouteillage au degré naturel. Il n’y a pratiquement pas une marque qui ne propose pas son « brut de fût » à fort degré alors que les rhums vieux étaient, jusque-là et traditionnellement, réduits entre 40 et 45°.

On assiste aussi à la (re) découverte et à l’essor des rhums jamaïcains d’alambic (pot still) à fort taux d’esters. Ces « Heavy rums » ont subi une fermentation longue durant laquelle est ajouté du « dunder » -mélange de vinasse et de matières organiques en putréfaction- dans les cuves de fermentation, souvent en bois. Ce procédé apporte une richesse et une complexité hors du commun. C’est ce que l’on appelle le « Jamaïcan Funk ». Les distilleries Hampden et Long pond, entre autres, sont passées Maîtres en la matière.

On constate enfin l’accélération du phénomène de premiumisation, avec l’apparition de cuvées de rhums toujours plus vieux, plus rares et plus chers, associés à des flacons de plus en plus travaillés. Les gens consomment moins en volume mais plus en valeur. Le renforcement des lois contre la consommation excessive d’alcool a contribué à cette tendance.

Cette demande sur le haut de gamme, associée à l’augmentation de parts de marché, a fait émerger un nouveau phénomène : la spéculation. Bien connu sur les whiskies de prestige, le rhum était jusqu’alors protégé. Désormais certains marchands et particuliers achètent des lots de rhums rares dans l’unique but de les revendre plus tard à des prix exorbitants. La rançon du succès sans doute.

Rumporter : Quels sont les futurs projets de la Compagnie du Rhum ? 

PdP : Des projets nous en avons plein, tout le temps, ce n’est pas ce qui manque mais nous les dévoilons rarement. Nous réserverons de toute façon la primeur de nos actualités aux lecteurs de Rumporter !


Bielle – Rhum hors d’âge – La Compagnie du Rhum 10 ans – Millésime 2008

50cl – 54,3°

France : 120 € / Martinique : 100 €

Clément – Rhum hors d’âge – Single Cask – La Compagnie du Rhum 10 ans

50cl – 59,3°

France : 120 € / Martinique : 100 €

A1710 – Rhum blanc – La Perle – Full Proof – La Compagnie du Rhum 10 ans – Bouteille numérotée

50cl – 67,2°

France : 45 € / Martinique : 35 €

 

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